A priori il n'y a pas que les paxs qui paient et ça commence à irriter :
RYANAIR BRAQUE LES ÉLUS EN CHARENTE ET EN VIENNE
Michel Boutant, le président du conseil général, s'est trouvé un allié pour stopper l'avidité de Ryanair: Alain Claeys, le maire de Poitiers.
21.12.2009
Ivan DRAPEAU |
i.drapeau@charentelibre.fr
Décembre 2007: lune de miel entre le représentant de Ryanair Mathieu Glasson (à gauche) et la Charente (Michel Boutant, au centre, et Daniel Braud, le président de la CCI). Deux ans après, c'est zone de turbulences. Photo Philippe Messelet
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Alain Claeys, maire de Poitiers et président de la communauté d'agglomération poitevine (CAP), n'a pas attendu de recevoir le courrier de Michel Boutant, le président du conseil général de la Charente, pour lui répondre! A une semaine d'intervalle, les deux élus ont piqué la même colère contre la compagnie aérienne à bas coût Ryanair qui dessert les aéroports de Poitiers et Angoulême. L'un et l'autre refusent d'être les vaches à lait d'une compagnie qui enregistre des profits confortables et de faire payer au contribuable ce que les usagers des lignes ne paient pas.
«Chantage inadmissible»
Pour mémoire, le syndicat mixte de l'aéroport Angoulême-Cognac - formé du conseil général et de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) d'Angoulême - s'est engagé à verser 925 000 ? sur trois exercices à Ryanair: 400 000 en 2008, 300 000 en 2009 et 225 000 en 2010. En contrepartie, Ryanair assure pour cinq ans (2008-2012) la liaison Angoulême - Londres d'avril à octobre.
Or, par courrier en date du 7 décembre, Ryanair réclame 175 000 ? de plus l'an prochain. «Chantage inadmissible», a répondu Michel Boutant (CL du samedi 12 décembre). Jeudi dernier, il a expédié un courrier à tous ses collègues qui, en France, travaillent avec Ryanair et notamment dans la Vienne, la Haute-Vienne, en Dordogne et Charente-Maritime. Il leur propose de «constituer un front commun». «Car pris individuellement, chaque département, chaque collectivité est otage de Ryanair qui menace les réfractaires de fermeture de lignes et fait miroiter une augmentation de trafic aux autres.»
Dans la Vienne, Ryanair a perçu 9 millions d'euros d'aides en dix ans. La subvention 2009 s'élevait à 1,1 million. Pour 2010, la compagnie réclame un million de plus au syndicat mixte de l'aéroport qui regroupe le département, la CAP et la CCI de la Vienne.
Si Département et CCI étaient prêts à allonger la monnaie, Alain Claeys, le président de la CAP, a dit non jeudi. Vendredi, malgré l'avis favorable de ses deux partenaires, il a réussi à bloquer le vote du budget du syndicat mixte. Il réclame le statu quo en 2010 par rapport à 2009. Comme Michel Boutant, il rappelle que donner plus c'est transgresser les règles fixées par Bruxelles. Et comme Michel Boutant, il en appelle aussi à une réaction commune de toutes les collectivités territoriales.
Bon vol,
joyeuses fêtes à toutes et à tous
James