Les réalités de la spécialité ISPN
Modérateur : ludosky350
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Auteur du sujetFrednight
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Les réalités de la spécialité ISPN
Bonjour à tous
Ayant passé et échoué le 6 juillet dernier aux sélections OSC/P de l'ALAT, je me pose une question depuis : on m'a signalé dès la fin de la première journée de sélection mon inaptitude à poursuivre dans la voie de pilote. On m'a cependant immédiatement proposé de poursuivre les tests de la seconde journée en redirigeant ma candidature vers la spécialité Instructeur au Sol du Personnel Navigant, ce que j'acceptai, décidé à saisir toute opportunité de travailler au sein de l'armée dans le milieu aéronautique.
Je me suis finalement rétracté quelques temps après, après avoir mûrement réfléchi et écouté l'avis de plusieurs de mes proches. Les arguments ayant joué dans cette rétractation sont les suivants : souhaitant malgré tout pouvoir faire des heures de vol, la solde de militaire (sous-officier qui plus est et non officier comme c'est le cas pour pilote) ne m'aurait que difficilement permis de voler, sans compter les nombreuses heures de prises par ce travail. Même s'il existe la possibilité de passer officier via l'EMIA, une discussion avec un ami officier retiré de la Marine a fait apparaître que cela peut cependant prendre pas mal d'années pour passer officier, la prise de grade étant tributaire des besoins de l'Armée, très variables selon les périodes. En outre, j'ai sérieusement considéré la risque de ressentir une frustration à former des gens qui, eux, voleraient. Enfin, un ami très récemment pris dans l'armée de l'Air, m'a rapporté que les ISPN qu'il croisait à Salon étaient peu respectés par les pilotes, ces derniers les considérant "comme de la merde".
Lors de la signification de mon refus, alors que j'étais venu à mon CIRFA pour normalement confirmer mon intention d'engagement, mon recruteur, auquel s'est ajouté par la suite un capitaine, ont démonté ces arguments. D'après eux, l'offre d'engagement en tant qu'ISPN était une opportunité à saisir absolument, l'idée d'être pilote (même dans le civil) n'étant plus d'actualité pour moi. Par ailleurs, il existerait d'après leurs dires une réelle possibilité de passer très rapidement officier par l'EMIA, l'apprentissage en école de la spécialité d'ISPN permettant de préparer le concours interne. Le capitaine n'aurait en outre jamais entendu parler de problèmes de frustration chez les ISPN.
Ce portrait (trop) parfait de l'Armée m'a poussé à refuser l'offre qui m'était faite. Cependant, même si je ne regrette pas d'avoir refusé de m'engager dans cette voie pour poursuivre mes études, je reste curieux de la véracité des arguments que je viens de citer plus haut. Je serais donc heureux de pouvoir recueillir des avis de tous bords les concernant.
Ayant passé et échoué le 6 juillet dernier aux sélections OSC/P de l'ALAT, je me pose une question depuis : on m'a signalé dès la fin de la première journée de sélection mon inaptitude à poursuivre dans la voie de pilote. On m'a cependant immédiatement proposé de poursuivre les tests de la seconde journée en redirigeant ma candidature vers la spécialité Instructeur au Sol du Personnel Navigant, ce que j'acceptai, décidé à saisir toute opportunité de travailler au sein de l'armée dans le milieu aéronautique.
Je me suis finalement rétracté quelques temps après, après avoir mûrement réfléchi et écouté l'avis de plusieurs de mes proches. Les arguments ayant joué dans cette rétractation sont les suivants : souhaitant malgré tout pouvoir faire des heures de vol, la solde de militaire (sous-officier qui plus est et non officier comme c'est le cas pour pilote) ne m'aurait que difficilement permis de voler, sans compter les nombreuses heures de prises par ce travail. Même s'il existe la possibilité de passer officier via l'EMIA, une discussion avec un ami officier retiré de la Marine a fait apparaître que cela peut cependant prendre pas mal d'années pour passer officier, la prise de grade étant tributaire des besoins de l'Armée, très variables selon les périodes. En outre, j'ai sérieusement considéré la risque de ressentir une frustration à former des gens qui, eux, voleraient. Enfin, un ami très récemment pris dans l'armée de l'Air, m'a rapporté que les ISPN qu'il croisait à Salon étaient peu respectés par les pilotes, ces derniers les considérant "comme de la merde".
Lors de la signification de mon refus, alors que j'étais venu à mon CIRFA pour normalement confirmer mon intention d'engagement, mon recruteur, auquel s'est ajouté par la suite un capitaine, ont démonté ces arguments. D'après eux, l'offre d'engagement en tant qu'ISPN était une opportunité à saisir absolument, l'idée d'être pilote (même dans le civil) n'étant plus d'actualité pour moi. Par ailleurs, il existerait d'après leurs dires une réelle possibilité de passer très rapidement officier par l'EMIA, l'apprentissage en école de la spécialité d'ISPN permettant de préparer le concours interne. Le capitaine n'aurait en outre jamais entendu parler de problèmes de frustration chez les ISPN.
Ce portrait (trop) parfait de l'Armée m'a poussé à refuser l'offre qui m'était faite. Cependant, même si je ne regrette pas d'avoir refusé de m'engager dans cette voie pour poursuivre mes études, je reste curieux de la véracité des arguments que je viens de citer plus haut. Je serais donc heureux de pouvoir recueillir des avis de tous bords les concernant.
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Shattershot
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Re: Les réalités de la spécialité ISPN
Pas faux pour ce que t'a dit ton collègue marin. Les ISPN que j'ai pu croiser au sein de l'ALAT étaient toujours respectés, dans le cadre de l'IFR il leur était cependant reproché le fait de ne pas avoir de sens "aérien" et d'être trop procéduriers dans la manière d'aborder le vol (sens des priorités pas toujours bien établi). Au final cette marteauthérapie permet d'accélérer la phase vol.Frednight a écrit :Même s'il existe la possibilité de passer officier via l'EMIA, une discussion avec un ami officier retiré de la Marine a fait apparaître que cela peut cependant prendre pas mal d'années pour passer officier, la prise de grade étant tributaire des besoins de l'Armée, très variables selon les périodes. En outre, j'ai sérieusement considéré la risque de ressentir une frustration à former des gens qui, eux, voleraient. Enfin, un ami très récemment pris dans l'armée de l'Air, m'a rapporté que les ISPN qu'il croisait à Salon étaient peu respectés par les pilotes, ces derniers les considérant "comme de la merde".
Il ne faut pas oublier que le rôle des CIRFA est de recruter, ils sont prêts à te faire miroiter tout un tas de choses.Frednight a écrit : Lors de la signification de mon refus, alors que j'étais venu à mon CIRFA pour normalement confirmer mon intention d'engagement, mon recruteur, auquel s'est ajouté par la suite un capitaine, ont démonté ces arguments. D'après eux, l'offre d'engagement en tant qu'ISPN était une opportunité à saisir absolument, l'idée d'être pilote (même dans le civil) n'étant plus d'actualité pour moi. Par ailleurs, il existerait d'après leurs dires une réelle possibilité de passer très rapidement officier par l'EMIA, l'apprentissage en école de la spécialité d'ISPN permettant de préparer le concours interne. Le capitaine n'aurait en outre jamais entendu parler de problèmes de frustration chez les ISPN.
Quant aux ISPN frustrés, si il y en a... C'est comme les aigris.
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Auteur du sujetFrednight
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Re: Les réalités de la spécialité ISPN
Qui ce "il" désigne t-il? Les pilotes encadrés ou des instructeurs encadrant des ISPN?Shattershot a écrit : [...] il leur était cependant reproché le fait de ne pas avoir de sens "aérien" [...]
Qu'est-ce qu'est le "sens aérien"? Une sorte de feeling au pilotage?
Clair. C'est d'ailleurs pour ça que je me suis méfié de ce portrait idyllique que l'on venait de me dresser, alors même que la première personne qui a mentionné en premier le risque d'être frustré, c'est justement mon recruteur dans un entretien antérieur. Sur le coup, je me suis un peu senti pris au piège, me retrouvant devant deux militaires me balançant au vol des tas d'infos que je ne pouvais pas vérifier.Shattershot a écrit : Il ne faut pas oublier que le rôle des CIRFA est de recruter, ils sont prêts à te faire miroiter tout un tas de choses.
C'est-à-dire? Ils n'osent pas en parler?Shattershot a écrit : Quant aux ISPN frustrés, si il y en a... C'est comme les aigris.
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Auteur du sujetFrednight
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Il n'y a pas de contradiction il me semble, le niveau requis pour postuler à la sélection Officier Sous Contrat Pilote (et donc ISPN aussi) étant un bac, professionnel ou général. Attention cependant, les qualités requises font essentiellement parties des capacités arithmétiques, psychomotrices et psychotechniques. Un certain niveau d'Anglais est également demandé aux candidats pilotes (je ne sais pas s'il en est de même pour les ISPN).zaius a écrit :On peut etre ispn avec un bac pro ?
Il faut donc bien se préparer donc.
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Shattershot
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Re: Les réalités de la spécialité ISPN
"il" = les élèves et monits pilotes. Les ISPN sont par nature instructeur.Frednight a écrit :
Qui ce "il" désigne t-il? Les pilotes encadrés ou des instructeurs encadrant des ISPN?
Qu'est-ce qu'est le "sens aérien"? Une sorte de feeling au pilotage?
Leur méconnaissance du vol fait qu'ils ont du mal à hiérarchiser les priorités. Pas très grave quand tu es en unité où l'ISPN t'aide à t'améliorer et où tu peux dialoguer, un peu plus problématique en phase de formation quand tu as envie de dire à ton instructeur : "mais avec telle panne, je me fous de savoir si la météo du terrain de dégagement est correcte". Je caricature mais on en est pas loin des fois.
Autre exemple : faire un calcul au demi degré près, alors qu'en vol tu tiendras tonc cap à +/-2°...
L'avantage d'une telle rigueur en formation permet d'accélérer la phase vol où, un vrai pilote, te dira ce qu'il est utile de faire ou non.
Frustrés d'apprendre à des gens un métier qu'on leur a parfois refusé alors qu'ils pensent en être capables.Frednight a écrit : C'est-à-dire? Ils n'osent pas en parler?
Mais il y a des mecs bien aussi
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Auteur du sujetFrednight
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Re: Les réalités de la spécialité ISPN
Ouais en gros, contrairement à ce que m'a dit le recruteur, le risque d'être frustré est vraiment à prendre en compte, même si ça ne touche pas tous les ISPN.Shattershot a écrit :
Frustrés d'apprendre à des gens un métier qu'on leur a parfois refusé alors qu'ils pensent en être capables.
Mais il y a des mecs bien aussi
Merci pour tes infos Shattershot
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Shattershot
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