Je cherche à entrer en contact avec un pilote de ligne étant d'abord passé par une formation d'ingénieur, de préférence à l'INSA Lyon, ou dans une autre école du réseau des INSA. Dans une seconde mesure, les contributions d'anciens ingénieurs issus d'écoles post-prépa (ENSAM, CCP, E3A...) ou post-bac (réseau des UT, ESTACA, etc.) serait aussi utile
J'ai quelques questions concernant l'apport de la formation d'ingénieur à la carrière de pilote de ligne (semestres à l'étranger, rigueur, diplôme "technique" reconnu à l'international, etc.), en tenant compte des spécificités de ces écoles. Le but est de synthétiser les bénéfices de ce diplôme (en plus d'être un bon plan B !).
À moins de rentrer dans une compagnie sur un poste à double compétence, technique + navigant, il n'y a pas vraiment de plus au delà de l'aspect plan B que tu évoques, et qui est essentiel.
Un autre élément est que cela te donnera une vision un peu différente avec probablement un peu plus de maturité au niveau du premier job, ensuite pas vraiment de différence comme tu seras intégré à un marché du travail comme les autres. Sauf encore à considérer des posts à double compétence.
Il te faudra faire l'effort toi même pour l'anglais, n'attends pas du système éducatif qu'il te rende bilingue.
Je suis conscient du fait que l'anglais s'apprend de soi-même et n'a pour vrai moteur que la motivation.
Cependant je trouve que cette poursuite d'étude donne de bonnes opportunités pour partir progresser à l'étranger tout en rentabilisant le temps passé sur place (ERASMUS, découverte d'une autre culture, éventuel double diplôme, certifications de langue, relations et contacts dans le secteur, etc.).
Peut-être que quelqu'un aurait des retours d'expériences de ce point de vue là (double diplôme en Angleterre ou en Allemagne) ?
Connaissez-vous des cas de carrières "atypiques" liant la double compétence pilote-ingé. ? Je pense notamment à Thomas Pesquet (ingénieur SUPAERO, pilote de ligne AF et spationaute de l’ESA).
À moins de rentrer dans une compagnie sur un poste à double compétence, technique + navigant, il n'y a pas vraiment de plus au delà de l'aspect plan B que tu évoques, et qui est essentiel.
Un autre élément est que cela te donnera une vision un peu différente avec probablement un peu plus de maturité au niveau du premier job, ensuite pas vraiment de différence comme tu seras intégré à un marché du travail comme les autres. Sauf encore à considérer des posts à double compétence.
Il te faudra faire l'effort toi même pour l'anglais, n'attends pas du système éducatif qu'il te rende bilingue.
Pas un peu plus de maturité.
Entre un mec qui est entré à l'enac après sa sup et qui vient de finir sa formation et un mec qui a fait 5 ans d'études en grande école et qui vient de bosser 3 ans pour se payer ses qualifs il y a un monde.
Surtout si l'école en question pratique le "pipo" c'est à dire tout ce qui n'est pas scientifique mais plutôt appelé "enseignement d'ouverture". C'est aussi un intérêt des grandes écoles par rapport aux facs (INSA incluse je pense)
Quant à l'anglais effectivement les cours sur place ne seront pas super utiles mais l'école peut offrir des possibilités de stage/études dans des pays anglo saxons. Encore que ce sont les pays les plus durs à obtenir car tout le monde veut y aller, bien sûr.
batou a écrit :
Connaissez-vous des cas de carrières "atypiques" liant la double compétence pilote-ingé. ? Je pense notamment à Thomas Pesquet (ingénieur SUPAERO, pilote de ligne AF et spationaute de l’ESA).
C'est mon cas d'où ma réponse, bien que je ne sois ni chez AF ni astronaute pour l'ESA.
Dubble a écrit :Entre un mec qui est entré à l'enac après sa sup et qui vient de finir sa formation et un mec qui a fait 5 ans d'études en grande école et qui vient de bosser 3 ans pour se payer ses qualifs il y a un monde.
C'est dingue d'avoir autant de certitudes.
Je ne participe ni à Rcocobis, ni à PPrune, ni ne commente la presse aéronautique numérique, méfiez vous des contrefaçons...
Dubble a écrit :
Entre un mec qui est entré à l'enac après sa sup et qui vient de finir sa formation et un mec qui a fait 5 ans d'études en grande école et qui vient de bosser 3 ans pour se payer ses qualifs il y a un monde.
Ouai, le premier est au chômage et l'autre a du boulot...
batou a écrit :Connaissez-vous des cas de carrières "atypiques" liant la double compétence pilote-ingé. ? Je pense notamment à Thomas Pesquet (ingénieur SUPAERO, pilote de ligne AF et spationaute de l’ESA).
Je suis dans ce cas aussi (sans aller jusqu'à celui de Thomas Pesquet). J'ai fait l'ENAC en ingénieur après les classes prépa et j'ai ensuite bossé plus de 4 ans en tant qu'ingénieur, en grande partie pour une compagnie aérienne.
Faire l'ENAC (ingénieur) pour celui qui veut être pilote est loin d'être une perte de temps, d'ailleurs tu pourrais quasiment passer l'ATPL théorique en sortie sans autre formation. De manière générale une école d'ingénieur t'offre normalement une formation intéressante si tu sais l'utiliser à bon escient, en particulier une école aéronautique et en particulier l'ENAC.
Dans mon cas ça m'a permis d'avoir une solide expérience au sol en compagnie aérienne et de bien connaître l'environnement de l'avion de manière théorique, technique et opérationnelle. Les compagnies aériennes, surtout les petites, sont ensuite assez friantes de profils polyvalents (en restant quand même dans des domaines pertinents : un pilote qui sait installer des piscines c'est bien mais ça n'apporte pas grand chose à la compagnie).
Pour moi l'intérêt n'est pas tant dans le fait d'avoir fait une école d'ingé, que d'avoir bossé comme ingé, et avec une part de management si possible.
Ce que tu apprends en école te permet de passer plus vite ton ATPL parce que tu ne passes pas une semaine à comprendre la précession des gyro. Mais sinon, que tu aies réussi un concours ou intégré une école ne veut pas dire que tu seras un bon pilote. De toute façon ça ne garantis même pas que tu seras un bon ingénieur...Et par ailleurs, nos écoles sont totalement inconnues à l'étranger, même les plus prestigieuses.
Par contre, quand tu envoies des CV en disant que tu as déjà bossé, que tu connais le travail en équipe, l'exercice des responsabilités, la gestion de situations stressantes, la résolution de problèmes, etc..., ça rappelle des choses, et ça donne un plus évident sur les gens qui n'ont stressé qu'en passant le bac.
Tout ça est toujours à relativiser, mais pour moi ça joue un peu. Evidemment, ça ne compense pas 1000h de vol...
Merci pour vos réponses, dans l'ensemble ça confirme ce que j'avais présumé. Notamment du point de vue de l'expérience professionnelle, du relationnel et surtout de l'approche et de la gestion d'un problème.
Je me demande si cette "plus-value" peut trouver une utilité au sein d'une compagnie aérienne ? A heures de vol et progression dans la compagnie égales, le pilote titulaire d'un diplôme d'ingénieur et d'une expérience professionnelle préalable sera-t-il susceptible d'accéder plus facilement à un poste à responsabilités accrues (commandant de bord, instructeur, cadre relations compagnie <-> personnels navigants, etc.) ?
batou a écrit :A heures de vol et progression dans la compagnie égales, le pilote titulaire d'un diplôme d'ingénieur et d'une expérience professionnelle préalable sera-t-il susceptible d'accéder plus facilement à un poste à responsabilités accrues (commandant de bord, instructeur, cadre relations compagnie <-> personnels navigants, etc.) ?
Pour être commandant de bord ou instructeur, le diplôme d'ingénieur ne fera pas de différence à mon sens. Pour certaines autres responsabilités dans la compagnie (responsables désignés, gestion de certains projets, etc.), le diplôme, et surtout, comme le dit darkced, l'expérience passée, peut être un avantage.
5 Rings a écrit :À moins de rentrer dans une compagnie sur un poste à double compétence, technique + navigant, il n'y a pas vraiment de plus au delà de l'aspect plan B que tu évoques, et qui est essentiel.
Est-ce qu'une telle compagnie existe (encore) ? Les majors (Air France, Lufthansa et autre flag carrier) ?
Dubble a écrit :Entre un mec qui est entré à l'enac après sa sup et qui vient de finir sa formation et un mec qui a fait 5 ans d'études en grande école et qui vient de bosser 3 ans pour se payer ses qualifs il y a un monde.
C'est dingue d'avoir autant de certitudes.
Donc en 8 ans supplémentaires il est possible que tu n'apprennes rien ?
Sauf à passer 8 ans terré dans une chambre en ne sortant que pour le minimum des cours et de tes heures je ne vois pas comment..
Dans la plupart des écoles tu auras des "enseignements d'ouverture", puis en travaillant tu auras à prendre des responsabilités... Je vois pas en quoi ça pourrait être négatif ou nul sur un plan humain
Je fais aussi parti des ingénieurs pilotes. J'ai fait ces études déjà parce que je n'étais pas certain au tout début de vouloir absolument faire de ma passion mon métier. En 5 ans, on mûrit, on apprend, on a un diplôme et un bon plan B en cas de contexte défavorable.
Sans forcément conseiller de choisir absolument ingé, je trouve ça fou de se former en FTO juste après le bac. Financièrement, maturité, etc. Perso à 18 ans je n'étais pas prêt. Aussi, je voulais toutes les cartouches ENAC et cadet.
Second avantage, quand on est ingé, on peut bosser un temps et financer, au moins partiellement la formation. On acquiert aussi une expérience du monde de l'entreprise, on devient pro.
Côté technique, il est certain que l'ATPL et la compréhension des systèmes ne posera pas (en tout cas bien moins) de difficulté.
Pour le recrutement, difficile à dire. Les places sont tellement rares que tout rentre en ligne de compte: Expérience, diplôme, training, âge, réseau, anglais, personnalité, chance. Ta formation d'ingénieur ne sera qu'un paramètre (positif) parmi d'autres.
Évolution en compagnie vers le poste de CbD je dirais non, c'est ton dossier, l'ancienneté, l'expérience qui priment. Pt avec un peu de politique en plus pour certaines boîtes.
Évolution vers des fonctions d'encadrement, pas certain que ça aide non plus sauf en France, où à 50 ans on aime bien savoir que vous faisiez parti de la promo bidule de l'école machin, le parcours étant presque secondaire.
Dubble a écrit :Entre un mec qui est entré à l'enac après sa sup et qui vient de finir sa formation et un mec qui a fait 5 ans d'études en grande école et qui vient de bosser 3 ans pour se payer ses qualifs il y a un monde.
C'est dingue d'avoir autant de certitudes.
Donc en 8 ans supplémentaires il est possible que tu n'apprennes rien ?
Sauf à passer 8 ans terré dans une chambre en ne sortant que pour le minimum des cours et de tes heures je ne vois pas comment..
Dans la plupart des écoles tu auras des "enseignements d'ouverture", puis en travaillant tu auras à prendre des responsabilités... Je vois pas en quoi ça pourrait être négatif ou nul sur un plan humain
Il ne s'agit pas de ne rien apprendre en 8 ans, c'est juste que tu compares des choses qui ne sont pas comparables. Un enseignement d'ouverture n'ouvrira pas l'esprit de quelqu'un qui s'en fout. Bosser ne veut pas forcément dire prendre des responsabilités importantes.... Et il y a des gens qui à 20 ans sont plus mûrs que des mecs de 25. Il n'y a rien d"aussi "automatique" que ce que tu laisses entendre. Tout ça dépend beaucoup de ton éducation, de ta personnalité...
Je sais bien que dans le monde aéro il est très important de mettre les gens dans des cases en fonction de leur background, ça rassure, mais bon... Là tu pousses un peu
Je ne participe ni à Rcocobis, ni à PPrune, ni ne commente la presse aéronautique numérique, méfiez vous des contrefaçons...
Iwannabeapilot a écrit :C quoi ton but ? Pilote ou Ingénieur ?
Le but est clairement de devenir pilote, c'est juste que le constat est simple (du moins c'est mon avis): tu vas en classe préparatoire pour préparer l'EPL, si tu ne l'as pas en sup tu peux le retenter en spé, soit, mais si tu échoue à nouveau en spé que faire, s'acharner en 5/2 alors que le concours peut être retenté en parallèle (encore une fois si on veux devenir pilote en fin de compte pas besoin de faire 5/2 pour viser le gratin des écoles) ? A bac+2 avec une formation qui n'offre aucune équivalence (et peu reconnue à l'étranger, cf. ma demande au UK NARIC pour le BA FPP), le passage en école d'ingénieur semble forcé (sauf si on envisage une reconversion totale mais une fois de plus les ECTS de la prépa ne permettent pas de faire de miracle).
C'est donc dans cette optique que j'envisage les 3 années d'école: une période supplémentaire pour élargir ses connaissances, apprendre a gérer des projets en groupe, partir à l'étranger... Autant de détails qui, je pense feront la différence lors d'une sélection ou d'un entretien (n'est-ce pas Etihad qui recrute actuellement des cadets à condition d'avoir BSc...). Une assurance qui aidera à sécuriser en partie les éventuels empreints lors de la formation (hors de question de demander un prêt pour une formation de plus de 100.000€ qui reposerait uniquement sur mes parents) et qui permet de travailler en cas de perte de la classe 1.