Maintenant que j'ai suffisamment désaoûlé de ce que j'ai bu pour fêter ça, je vais pouvoir écrire ce que j'ai retenu de mon parcours pour que d'autres bigleux puissent s'en inspirer.
J'avais essayé d'aller au fond des choses en ce qui concerne les limites en dioptries et j'en avais sorti un post assez long à lire, et je pense ne pas y avoir trop mis de conneries :
http://forum.aeronet-fr.org/viewtopic.php?t=8704
Depuis, les normes JAR-FCL sont passées à -6 dioptries à l'admission et pas de limite au renouvellement. Les Anglais ont officiellement cessé d'accorder des dérogations jusqu'à -8 dioptries en raison de la disparition de cette dernière limite (qui était celle au renouvellement).
Les JAR sont des textes définis au niveau européen que chaque pays membre s'engage à appliquer dans son propre droit national, c'est pour ça qu'en France les JAR-FCL 3 ne sont appliquées que pour la classe 1 (avec toujours -5 à l'admission et -8 au renouvellement), pas pour la classe 2 (je suppose parce que ça va chambouler la gestion des licences de pilote de planeur et BB)
Avec l'EASA, ça va être différent : il s'agit d'un organisme supranational dont les règlements seront immédiatement appliqués dans l'ensemble des pays membres. Quand les licences passeront sous la responsabilité de l'agence, si elle décide de faire sauter toutes les limites en dioptries (ce qui arrivera à terme par alignement avec les normes OACI), ça sera tout de suite le cas en France.
Mais passons à la partie qui intéresse ceusses qui n'ont pas envie de poirauter x années.
D'abord et avant tout :
parlez-en à votre ophtalmo.
Il est impératif d'attendre que la myopie soit stabilisée, ce qui peut ne pas se produire avant l'âge de 25 ans - si ma mémoire est bonne. Cela se produira si la myopie est normale, sinon cela signifie qu'il y a un problème derrière. Et dans ce cas, bye bye classe 1 (voire classe 2)
Si la myopie est stabilisée et que les deux yeux ne présentent aucune anomalie, ça devrait être jouable.
Maintenant, le parcours administratif. Si je simplifie le mien, ça donne ça :
Visite d'admission au CPEMPN : myopie supérieure à -3 dioptries => inapte, demande de dérogation
Passage du dossier au CMAC : myopie supérieure à -5 dioptries => inapte définitif, demande d'expertise
Expertise : bien qu'étant hors des clous, ma myopie n'est pas un obstacle à l'aptitude => avis favorable
Nouveau passage du dossier au CMAC : étude de l'avis de l'expert => apte classe 1 par dérogation
Ce qui a pris le plus de temps était la demande d'expertise : elle était systématiquement refusée. A tort, puisqu'elle est explicitement prévue au FCL 3.125c ! Le principe est simple : je nomme mon expert (en l'occurence, mon ophtalmo car il me connaît très bien), le CMAC le sien. Les deux entrent en contact, discutent de mon cas et se mettent d'accord sur la manière dont l'expertise va se dérouler. J'ai été examiné par le Pr. Hamard à l'hôpital des 15-20 (c'est un ophtalmo à la retraite qui se consacre maintenant aux expertises de ce genre). En décembre j'ai reçu une lettre de mon ophtalmo m'indiquant qu'il avait reçu l'avis de l'expert qui se montrait favorable. Et samedi dernier, la dérog !
Voilà pourquoi je vous conseille d'en parler d'abord à votre ophtalmo : lui vous connaît bien (ou plutôt connaît bien vos yeux) et sera à même de vous donner un avis préalable.
Pour parler du côté obscur du CMAC, l'ancien président bloquait ma demande (au motif que ça ne changerait pas la décision. Bien vu l'aveugle !) Et la situation ne s'est décoincée qu'à son départ à la retraite ! Le Pr Cupa semble mieux disposé à traiter ce genre de demande. Mais si jamais vous rencontrez de l'obstruction de ce genre, n'hésitez pas à faire un recours devant le Conseil d'Etat pour que l'expertise ait lieu : c'est long, mais c'est gratuit et vous aurez forcément gain de cause puisque la règlementation vous y donne droit.
Et dans la demande d'expertise, n'oubliez pas d'invoquer le FCL3.125c : quand je l'ai réclamée la première fois, ils m'ont renvoyé au CPEMPN où les médecins sont là pour obtenir des résultats d'examen et non donner leur avis (du moins quand il s'agit d'une demande de dérogation)...
D'ailleurs, de manière générale, cette expertise semble être la meilleure solution pour que le CMAC revienne sur une décision excessivement prudente (j'étais interdit de voltige suite à ma première demande de dérogation... elle a heureusement disparue)
Bien, je pense avoir fait le tour. Des questions ?
PS : MNPS, c'est pas sage de t'engager dans l'ATPL théorique sans classe 1. Avant de foncer, faut d'abord voir où on peut aller et une fois qu'on est suffisamment sûr, banzaï ! Mais pas avant, sinon tu peux te ramasser une gamelle.