Helena a écrit :Mes pauvres...on voit bien que vous êtes tous jeunes. Il ya fort a parier que la plupart d'entre vous n'ont jamais encore connu le monde de l'entreprise et n'ont connu que "l'Economie" de leur tirelire. Contrairement à certains d'entre vous qui débarquent, j'apporte des arguments depuis 2005, lorsque j'ai lancé ce sujet qui ne fait que confirmer mon idée de départ vu la conjoncture économique. On économise même sur les goblets en plastique des passagers en diminuant leur volume, on recrute des hotesses et stewards encore plus minces par économie du carburant... vous n'y voyez rien de particulier car vous ne refléchissez pas, vous regardez bouche ouverte pour certain.En plus du risque probable de voir des avions automatisées, vous semblez fondamentalement ignorer que moins de trafics = moins de pilotes.
C'est bien les connaissance en Economie qui font défaut à certains qui n'ont que l'humour ou l'ironie comme argument, quand ce n'est pas des insultes (qui au passage ne me font ni chaud ni froid

). Comme si dans ce monde tout allait s'écrouler sauf le métier de pilote qui surivivra...oui oui c'est ça ! vous avez tout compris.
Admettons un avion, un 747, de retour de nuit sur l'Afrique. Manque de bol, ses radars météo tombent en panne. C'est con il n'a pas encore passé le FIT. Du coup malgré toutes ses tentatives pour suivre un collègue grâce à l'IFBP, il se retrouve tout seul. Il voudrait bien dérouter mais le seul terrain est à 2h de vol et la seule procédure est une NDB sans DME dans une zone d'activité orageuse, tu conviendras que c'est pas le top.
Il grimpe donc au max et poursuit comme ça. Hélas dans le FIT, les CB grimpent largement jusqu'au FL 500-600. Il rentre dans une tête, se fait bien branler. Forcément il y a des blessés graves à bord et comme il a pris la foudre sa VHF et son SATCOM sont grillés quant à la HF, ça fait 2 heures qu'elle ne passe plus.
Question : que fait-il ?
Réponse 1 : comme il y a des cerveaux à bord, ils réfléchissent...
Réponse 2 : il n'y a pas de cerveaux à bord et c'est con, le sol ne peut plus communiquer avec l'avion, bah oui il a pris la foudre...
Question subsidiaire : l'avion en automatique aurait-il tenté l'approche NDB en zone orageuse ?
Dans le désordre : - comment l'avion évolue-t-il à vue en fin d'approche classique, en cas de sidestep ou bien de trajectoire N-1 en zone montagneuse ?
- En approche LVP, sur A320 (je n'y connais ptetre rien en avion, je suis quand même qualifié sur la machine, avec suffisamment d'heures pour être en train de passer l'ATPL pratique), en cas d'alarme ECAM CHECK ATTITUDE, la RdG doit être effectuée à la main puisqu'il y a un bug sur l'un des horizons artificiels, que fait l'avion s'il est tout seul ?
- En 1999, un A320 en approche sur MPL a percuté un planeur en évolution au FL80. La collision a eu lieu en espace de classe G alors que le 320 avait été clairé par l'approche de MPL à descendre. Personne n'était en tort. Le 320 n'était pas équipé de TCAS à l'époque mais le planeur non plus donc il n'aurait pas été détecté de toute façon. La catastrophe a pu être évitée grâce aux pilotes du 320 : le copi a vu le planeur et le CDB a débrayé le PA pour effectuer une manoeuvre d'évitement brusque. Ils se sont percutés légèrement mais tout le monde a pu poser son appareil. Sans ça la collision aurait eu lieu dans le cockpit de l'Airbus, ne laissant aucune chance au planeur et très peu à l'avion. Qu'aurait fait un avion automatique ?
- Aucun avion n'est certifié au roulage après atterrissage automatique sur piste contaminée, les dispositifs d'anti-skid ne permettant pas le contrôle au sol sans intervention humaine...
- L'approche à vue en 36 à Calvi, on prend le risque d'une erreur du GPS ou on laisse un humain qui voit la montagne et la ligne HT ? Même question pour la Parrata en 20 à Ajaccio ?
- Exercice sympa effectué au simu lors de la dernière saison sur A320 à Air France : arrêt décollage en plage haute vitesse sur explosion moteur droit avec feu. Une fois l'avion arrêté, le feu est non maitrisé et s'étend à l'aile. MAYDAY + lancement C/L évacuation. Là constatation dégât : il n'y a plus d'hydraulique jaune (le circuit géré par le moteur droit), tout le circuit est dépressurisé, y compris l'accumulateur de secours. Il n'y a donc plus de système de freinage de secours et plus embêtant, il n'y a plus de frein de parking. Heureusement le freinage normal (basé sur l'hydraulique vert donc du moteur gauche) fonctionne et en maintenant les pédales enfoncées, l'avion ne bouge plus. Le problème c'est que la C/L évacuation impose de couper tous les moteurs. Tant pis laissons tourner le moteur gauche le temps d'évacuer, comme ça on aura de l'hydraulique et donc du frein. PROBLEME : on ne peut donc pas évacuer à gauche car le moteur tourne, mais on ne peut pas non plus évacuer à droite car il y a le feu en train de s'étendre... Et il faut se magner de réfléchir car CA CRAME et ça commence à être la panique en cabine...
Alors il fait quoi l'avion sans pilote ?
Pour info il n'y a que deux solutions : patienter jusqu'à l'arrivée des pompiers (rapide en Europe, beaucoup moins si on est sur un terrain au milieu de l'Afrique) qui avec un peu de chance arriveront à caler l'avion pour permettre l'évacuation à gauche, moteur coupé. Ou bien foutre volontairement l'avion dans l'herbe sur le bord de la piste pour l'immobiliser... Ca sera programmé ça dans les calculateurs ? Vous savez ceux qui devront alors parler avec le pompier leader ou bien diriger un avion avec un moteur en feu et la moitié de l'hydraulique dans la nature...
PS 1 : je n'explique aucun des termes techniques, Helena vu les propos que tu tiens sur le sujet, tu as forcément des connaissances aéronautiques qui te seront suffisantes pour tout comprendre, car dans le cas contraire, je te suppose suffisamment intelligent(e) pour fermer ta g...
PS 2 : le cas du 747, il s'est produit dans des circonstances légèrement différentes, mais au final il y a eu un mort et plusieurs blessés graves qui ont pu être sauvés car l'équipage a poursuivi jusqu'à Marseille où une structure médicale performante a pu les prendre en charge. Se dérouter en plein milieu de la brousse les aurait certainement condamnés.
Flo