Il y'as de cela un mois, j'avais demandé aux pilotes pro volontaires de répondre à quelques questions sur leur vie/métier. Suite à la demande de l'un d'entre eux, je publie ici la synthèse des réponses. (je l'ai faite aujourd'hui, et je ne me suis pas relu, donc pardonnez mes (plus que) probables fautes d'orthographes/de frappe).
Dans cette étude, réalisée auprès des membres volontaires d’aeronet, 8 pilotes professionnels ont été interrogés. Ceux-ci sont âgés de 23 à 49 ans. Parmi eux : 3 sont pilotes Air France, 3 pilotent pour des compagnies d’affaire (Air Mana, Hello AG, Taxi Air Fret), 1 est chez Regional, 1 chez Air Creebec (Canada), et enfin, 1 est à la marine national !
En gros, le questionnaire se composait d’une petite vingtaine de question portant sur leur vie de pilote.
A la question Pourquoi être devenu pilote, le mot passion est revenu à chaque fois. Lorsque je leur demande si cette passion est toujours présente, ils répondront à l’unanimité oui, cependant certains mettront en valeur le fait que piloter des gros appareils dans le cadre professionnel procure un plaisir différent que celui de se rendre a son aéroclub pour aller faire une nav sur DR400 ou rallye pour son loisir. De plus, le gout du voyage et des responsabilités en a aussi attiré plusieurs d’entre eux. Enfin, le mode de vie décalé est aussi un attrait non négligeable pour 2 des pilotes interrogés.
En ce qui concerne le parcours, l’expression « autant de parcours que de pilote » c’est confirmée ! 2 sont passés par la case prépa puis Enac, 2 proviennent de reconversion (armée et concours interne à une compagnie), 4 se sont payés leur propre formation (Grande Bretagne, France, Canada..) et enfin, 1 EOPAN (devinez lequel
Les points positifs d’un tel métier que les interrogés ont cités sont les suivants (dans le désordre) : le voyage et la découverte du monde, le travail et la vie en équipage, une « sureté » de l’emploi (selon les compagnies), l’intérêt sans cesse renouveler du métier, l’idée de devoir toujours se donner a fond, des horaires offrant du temps libre, une évolution de carrière possible sans cesse (changement de compagnie, de rotation, d’appareil), le coté non routinier du travail, et surtout, le fait de pouvoir voler et piloter des machines toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Enfin, le train de vie est aussi cité à plusieurs reprises (mais attention, ce train de vie n’est pas viable pour TOUS les pilotes, certains aux contraires diront que leurs salaires sont plus bas qu’ailleurs).
Les points négatifs, ici, deux mondes : l’aviation d’affaire et l’aviation publique : en effet, dans le monde de l’aviation d’affaire, les vols sont rarement prévus à l’avance, et les jours (semaines) de stand-by, obligeant le pilote a resté près de sa base de départ, sont souvent vus comme un point négatif. Ce mode de vie est foncièrement différent pour les pilotes chez AF par exemple, qui eux, ont un planning établi pour de longes périodes (4 semaines). Les amplitudes horaires sont aussi régulièrement citées car elles entrainent des nuits blanches, des retards de sommeil importants… Dans cette optique, la difficulté de mettre en place une vie de famille est aussi omniprésente dans les réponses à cette question. De plus, l’expatriement de certain est aussi vécu comme un point négatif. Enfin, un pilote citera le fait d’être constamment à jour (passage en simu, renouvellement de licence…) comme un point négatif.
Les qualités qu’ils reconnaissent aux pilotes sont : de savoir se remettre en cause, prendre du recul, de savoir faire valoriser sont points de vue et savoir écouter celui des autres, d’être multi-tache, d’être appliqué, sérieux, méthodique, rigoureux, d’avoir un bon sens paysan, avoir une bonne stabilité morale.
La/le journée/semaine/mois type n’est pas vraiment synthétisable car cela est TRES dépendant de la compagnie (affaire, publique, armée), du poste, des rotations effectuées… Certains effectuent des découchés, d’autres non…
Une question plus spécifique relative à la gestion de vie privée était posé et une chose ressort principalement : l’idée est de trouver un(e) conjoint(e) qui est extrêmement compréhensif(ve) dès le début. De plus, les pilotes « victimes » des stand-by explique que cela reste très difficile (impossibilité de prévoir à l’avance ses plannings, impossibilité de s’éloigner trop de son domicile, ne pas aller a un endroit ou le portable ne passe pas comme les cinéma, impossibilité de boire de l’alcool pendant ces périodes…).
Enfin, pour les futurs pilotes en devenir, les recommandations peuvent se résumer à deux choses : premièrement, se donner toutes les chances, épuiser toutes les ficelles en se donnant a fond pour chacune d’elles. Cependant, et c’est le deuxième point, il est tout de même important de se donner la possibilité d’avoir un plan B, car il le reconnaisse tous, le marché actuel de l’emploi n’est pas formidable. Malgré tout, ils sont nombreux a rester optimiste, rappelant que ce dernier a depuis toujours fonctionné en dents de scie.
Voilà, en espérant que ça pourra fixer les idées du plus grand nombre, je tiens a préciser que j'ai un fichier Word avec toutes les réponses et que, si les différents intéressés sont d'accord, je peux vous l'envoyer (MP moi vos adresses mail). De plus, j'ai fait un petit PowerPoint sur le métier de pilote pour les plus perdus, lui aussi disponible sur simple demande