dans le Aviation et Pilote de mars dernier, je suis tombé sur une critique rédigée par Mr Malécot, PDG d'Airways au sujet de l'ENAC:
<< Une opinion sur l'ENAC à l'heure des économies !
Il existe des situations qui, malgré le fait qu'elles perdurent depuis des décennies, n'en sont pas moins invraisemblables et d'une absolue malhonnêteté. Connaissez-vous l'Ecole Nationale de l'Aviation Civile, dite ENAC ? C'est l'école qui s'autoproclame << la grande école européenne de rang international >> sur le portail du site de la DGAC, organisme officiel chargé de gérer et de superviser toutes les écoles françaises dans la plus grande neutralité et avec la plus parfaite impartialité, ENAC comprise...
Rien ne vous choque ? Alors, faisons un peu d'histoire.
Dans les années soixante, le monde entier s'est organisé pour former les pilotes dont les compagnies aériennes avaient besoin. Partout des écoles se sont ouvertes, ont proposé des programmes plus ou moins bien adaptés aux besoins et, comme d'habitude et comme dans tous les domaines, les meilleures sont toujours là, occupées à former les pilotes de lignes aujourd'hui.
Mais en France, les technocrates ont préféré créer un système << à la Française >> et confier à l'Administration le soin de former les pilotes destinés à notre compagnie nationale Air France, mission prestigieuse devant amener ces derniers à un tel niveau de compétence qu'il pourraient par la suite << apprendre aux oiseaux à voler >>. Pour cela, pas de recette miracle mais des moyens quasi illimités mis à la disposition de << l'élite de la nation >> sélectionnée par voie de concours à l'échelon national.
Pour ces élus méritants on a donc conçu un programme stupéfiant, jamais repris, ni imité par aucun autre pays au monde, représentant un volume de cours et d'entraînements supérieur de plus de 5 fois au volume défini aujourd'hui par l'Europe pour une filière à vocation comparable, l'ATP intégré, et pour un coût global en monnaie constante de près de 8 fois supérieur. Le résultat, évidemment et heureusement, fut excellent.
Hélas, la qualité d'une formation ne doit pas s'évaluer pas sur le seul niveau de fin d'étude, mais sur le meilleur ratio coût/niveau et, évidemment, rien ne va plus dès lors que l'argent du contribuable ne peut plus être gaspillé à volonté.
Aujourd'hui, que reste-t-il de ce glorieux passé ? Une école appelée ENAC, détournée de sa vocation d'origine, devenue grande école européenne de rang international. Est-ce vrai ? Est-ce juste par rapport à toutes les écoles françaises privées qui amènent chaque année leurs stagiaires aux portes des compagnies aériennes européennes, sans exiger qu'ils fassent partie de << l'élite de la nation >>, en se battant à chaque instant pour que le coût de leur formation ne dépasse pas le devis initial ?
Non, bien sûr, et c'est bien ce qui m'oblige à réagir, à grand risque puisqu'on ne peut attaquer l'ENAC sans risquer de déplaire à la DGAC. Ce mensonge par omission est d'autant plus scandaleux que les stagiaires de nos écoles ne sont pas formés aux frais du contribuable mais payent de leur poche, outre leur formation, les redevances qui permettent à l'ENAC de continuer à fonctionner avec des moyens et des programmes hors du temps.
Il y a 15 ans, j'avais demandé au directeur général de l'Aviation Civile de l'époque de faire réaliser un audit sur la formation aéronautique française. Les conclusions avaient été sans appel: le Service de formation de l'Etat disposait d'un budget total (directement pris sur les redevances aéronautiques) représentant le triple du chiffre d'affaires de toutes les écoles françaises réunies, avec les moyens matériels et humains dans les mêmes proportions pour un nombre de stagiaires formés de la moitié de toutes les écoles privées ! Cherchez l'erreur.
Le prochain président de la République française va se retrouver à la tête d'un pays condamné à faire des économies drastiques. Si je n'avais qu'un vœu à formuler, qu'il s'intéresse à la formation des pilotes. Il découvrira que les autres pays comparables aux nôtres ne possèdent pas d'ENAC, qu'ils n'en sont ni malheureux, ni envieux et qu'ils ont malgré cette regrettable absence, beaucoup moins d'accidents que nous autres, français.
En supprimant ce concurrent inutile et très coûteux pour le budget de l'Etat, le prochain président peut contribuer à donner un élan décisif au secteur économique de la formation professionnelle française et l'autoriser à lutter à armes égales avec ses concurrents européens. Elle en a le talent et les moyens. >>
Je ne comprends pas comment on peut cracher sur une école comme l'ENAC, qui se bat pour défendre l'égalité des chances, sous prétexte que les EPL ne payent pas leur formation de leur poche. Peut-être qu'il n'a pas assez d'élèves, serait-il jaloux et frustré ?
Je ne vois pas non plus le rapport avec les accidents plus nombreux en France
Et puis dans ce cas là on pourrait fermer toutes les écoles d'ingé, et les hôpitaux aussi, bah oui quoi, c'est le contribuable qui paie, et moi je suis jamais malade !
Enfin bref, personnellement je ne suis pas du tout d'accord avec ce gars là, j'attends vos avis !