fatigue des pilotes
Modérateur : Big Brother
fatigue des pilotes
Bonsoir à toutes et à tous ,
Voici un sujet dont on ne parle pas beaucoup je pense et qui est très important.
Les nouvelles lois en projet de l'EASA sont vraiment aberrantes si elles s'avèrent réelles?
http://www.snpl.com/national/dossiers/l ... tes_de_li/
Comment vous, pilotes du forum qui êtes en ligne et qui travaillé en général gérer vous la fatigue? comment la percevez vous au quotidien ?
bon vols
Voici un sujet dont on ne parle pas beaucoup je pense et qui est très important.
Les nouvelles lois en projet de l'EASA sont vraiment aberrantes si elles s'avèrent réelles?
http://www.snpl.com/national/dossiers/l ... tes_de_li/
Comment vous, pilotes du forum qui êtes en ligne et qui travaillé en général gérer vous la fatigue? comment la percevez vous au quotidien ?
bon vols
Hello,
Pour ma part je distingue deux phases : la gestion de la fatigue en-dehors des vols et pendant les vols:
-Avant et après les vols :
Rigueur dans la prise de repos : avant des levers tôts (réveil 0330 pour les vols les plus tôts) : si je me suis couché un peu tard les jours précédents, j'essaie de me coucher de moins en moins tard jusqu'à pouvoir me mettre au lit vers 2100 (mais là parfois manque de bol je n'arrive pas à m'endormir de suite, faut que je reprenne le bouquin et attendre que ça pique ..). Ensuite, à moins que j'ai fait un lever tôt la veille et que je sois fracassé en rentrant chez moi, j'essaie de ne pas faire de sieste. Et par ailleurs, pas de sport après 16-1700 (sauf le sport de chambre
), ça me détend certes, mais en même temps ça me file la pêche et je n'arrive pas à m'endormir. Egalement pas de café, thé ou coca après 16-1700. Pas d'allumage de télé non plus, le risque c'est de rester "scotché"
Comme je disais plus haut, si je suis vraiment fatigué après un vol, je fais une sieste en rentrant d'une heure environ, pour éviter le mode légume pour l'après-midi. Ensuite, pendant les jours de repos, des coups de barre vont apparaître, je n'hésite pas à faire des siestes à ce moment si j'ai la chance d'être chez moi, une bonne sieste d'une heure et demi, pour éviter de se créer de la fatigue accumulée.
Enfin, je fais pas mal de sport dès que je peux et ça m'aide beaucoup, tant physiquement que moralement.
- Pendant les vols :
Dès que la charge de travail est faible en croisière, on fait des "naps" ou micro-siestes d'environ 20-30 mn et ça redonne de la pêche (à condition de vraiment se laisser aller) pour une deux voir trois heures (c'est ce que font les navigateurs en solo).
Et pour éviter l'hypovigilance, et l'ennui tout court, je ne fais jamais "rien" : je lis, je discute avec le captain (ou les PNC). Je prends un café ou un thé quand j'en ressens le besoin, en général j'en prends trois sur un vol de dix heures on va dire
Voilà mais parfois même en ayant été discipliné sur l'hygiène de vie, je n'arrive pas à m'endormir, et là oui c'est vraiment dur, c'est pour ça que quand des levers tôt s'enchainent, si je peux je ne prévoie rien de contraignant, (comme aller à la préfecture par exemple ou faire un gros plein de corses, etc ..), ma compagne m'aide pas mal de ce point de vue là
Donc je vous laisse imaginer les dégâts si on a pas une bonne hygiène de vie .. (j'en ai déjà fait les frais avant quand je sortais plus souvent, et là c'est bien fini, c'est vraiment trop hard ensuite)
Pour ma part je distingue deux phases : la gestion de la fatigue en-dehors des vols et pendant les vols:
-Avant et après les vols :
Rigueur dans la prise de repos : avant des levers tôts (réveil 0330 pour les vols les plus tôts) : si je me suis couché un peu tard les jours précédents, j'essaie de me coucher de moins en moins tard jusqu'à pouvoir me mettre au lit vers 2100 (mais là parfois manque de bol je n'arrive pas à m'endormir de suite, faut que je reprenne le bouquin et attendre que ça pique ..). Ensuite, à moins que j'ai fait un lever tôt la veille et que je sois fracassé en rentrant chez moi, j'essaie de ne pas faire de sieste. Et par ailleurs, pas de sport après 16-1700 (sauf le sport de chambre
Comme je disais plus haut, si je suis vraiment fatigué après un vol, je fais une sieste en rentrant d'une heure environ, pour éviter le mode légume pour l'après-midi. Ensuite, pendant les jours de repos, des coups de barre vont apparaître, je n'hésite pas à faire des siestes à ce moment si j'ai la chance d'être chez moi, une bonne sieste d'une heure et demi, pour éviter de se créer de la fatigue accumulée.
Enfin, je fais pas mal de sport dès que je peux et ça m'aide beaucoup, tant physiquement que moralement.
- Pendant les vols :
Dès que la charge de travail est faible en croisière, on fait des "naps" ou micro-siestes d'environ 20-30 mn et ça redonne de la pêche (à condition de vraiment se laisser aller) pour une deux voir trois heures (c'est ce que font les navigateurs en solo).
Et pour éviter l'hypovigilance, et l'ennui tout court, je ne fais jamais "rien" : je lis, je discute avec le captain (ou les PNC). Je prends un café ou un thé quand j'en ressens le besoin, en général j'en prends trois sur un vol de dix heures on va dire
Voilà mais parfois même en ayant été discipliné sur l'hygiène de vie, je n'arrive pas à m'endormir, et là oui c'est vraiment dur, c'est pour ça que quand des levers tôt s'enchainent, si je peux je ne prévoie rien de contraignant, (comme aller à la préfecture par exemple ou faire un gros plein de corses, etc ..), ma compagne m'aide pas mal de ce point de vue là
Donc je vous laisse imaginer les dégâts si on a pas une bonne hygiène de vie .. (j'en ai déjà fait les frais avant quand je sortais plus souvent, et là c'est bien fini, c'est vraiment trop hard ensuite)
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Balt Hazard
- Chef de secteur posteur
- Messages : 962
- Enregistré le : 03 sept. 2010, 21:39
merci pour ce témoignage intéressant 727.
Avec ton planning et tes heures de travail , t'estimes tu fatigué ?
On peut voir d’après certaines études qu'après 10 heures de travail, on est apparemment aussi efficace qu'avec 5 bières dans le sang
! quel est ton avis sur ça, toi qui vol dans une compagnie on peut dire correct de nos jours?
Avec ton planning et tes heures de travail , t'estimes tu fatigué ?
On peut voir d’après certaines études qu'après 10 heures de travail, on est apparemment aussi efficace qu'avec 5 bières dans le sang
Ispahan a écrit :D'ailleurs dans ces cas là rien de mieux qu'une bonne baignade en mer...enfin quand on la droit de se baigner
effectivement je lutterais contre la fatigue encore mieux si je pouvais (plus) profiter des bienfaits d'un océan ou d'une mer, projet en cours de mûrissement
Hello flyb7, de rienflyb7 a écrit :merci pour ce témoignage intéressant 727.
Avec ton planning et tes heures de travail , t'estimes tu fatigué ?
On peut voir d’après certaines études qu'après 10 heures de travail, on est apparemment aussi efficace qu'avec 5 bières dans le sang! quel est ton avis sur ça, toi qui vol dans une compagnie on peut dire correct de nos jours?
Est-ce que je m'estime fatigué ? ça dépend des périodes, comme je te disais quand ça charge bien avec des levers-tôts successifs et/ou des vols de nuit, là oui vers la fin de la période je me sens fatigué donc j'essaie de me coller un max à ce que je t'ai dit
Et ça va dépendre aussi de ta vie perso : j'ai un ptibou de deux ans et mon amie s'est fait opérée d'une hernie discale, donc il y a eu une période bien hard où quasi à peine rentré il fallait que j'enchaîne sur les courses, aller chercher le petit, le porter chaque fois que nécessaire. Pour te dire jusqu'où c'est allé pendant cette période, je me suis arrêté à un moment deux jours pour pouvoir récupérer parceque j'étais à bout et que je faisais plus de conneries en vol, pas des graves, mais ça traduisait un état de fatigue trop important pour l'exercice "safe" de ma fonction. En gros, j'ai fait ma prévol intérieure, j'ai vu que ça allait pas et j'ai appellé la cie pour dire "nogo". Le doc voulait m'arrêté quatre jours, je lui ai fait mettre deux jours, mais bref c'est pour dire que c'est pas de la comédie, et les reportages que tu as posté vont dans le bon sens.
Ce que je trouve dingue dans ma compagnie, c'est l'incapacité du planning à donner des programmes équilibrés entre pilotes, parfois sur un mois tu as un pilote qui n'a quasimment que des matins et un autre quasimment que des après-midi, j'espère que ça va évoluer. Il me semble que chez AF c'est plutôt pas mal ficelé de ce point de vue, je crois que par exemple quand il y a des levers tôt consécutifs le planning fait en sorte de donner des départs de moins en moins tôts (pour ma dernière séquence c'était carrément l'inverse ..).
Pour revenir sur ton exemple où tu as vu dans une étude qu'après dix heures de travail on est aussi efficace qu'après avoir bu plusieurs bières, c'est exagéré et ça ne prend pas en compte tous les facteurs. L'effet de dix heures (ou plus) dans un avion va dépendre de l'état de fatigue du pilote avant le vol, de comment se passe le vol (problèmes techniques, passagers, équipage, météo, .. ou non), si c'est un vol de nuit (attaque du rythme circadien) ou non. Donc je dirais que ce qu'ils disent est vrai pour un pilote qui déjà avant le vol était crevé, et dans ce cas, il aurait dû prendre le tél et dire non. Je me souviens d'un ex-collègue captain chez Régio qui m'avait dit qu'après une nuit courte, vu que lui et son co-pi faisait beaucoup d'erreurs, il a "planté" la rotation. C'est plutôt sage mais courageux car ça n'est évidemment pas une décision qu'on prend avec gaieté de coeur, mais il y a des extrêmes qu'il faut savoir reconnaître et s'arrêter.
Je fais un petit apparté par rapport au vol de nuit : avant le vol, se prévoir une bonne sieste de plusieurs heures si possible, tout en ayant fait une bonne nuit la veille (mais pas trop non plus pour pouvoir faire la sieste). Ne pas prévoir d'activités importantes (pas de bricolage, gros plein de corses
Et un dernier apparté sur le trajet retour en voiture après un vol fatiguant (de nuit par exemple) : it's a killer !
C'est je pense parcequ'il y a la fatigue certes, mais aussi une sorte de relâchement parcequ'on est arrivé, parcequ'on pense à son lit et on en devient moins vigilant. Il y a pas mal de navigants qui ont eu des accidents comme ça, dont certains mortels. Je crois bien qu'à cause de ça, UTA avait un service de navettes pour (amener) ramener les équipages chez eux (une sorte de co-voiturage de compagnie aérienne)
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SR71_Blackbird
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- Messages : 3833
- Enregistré le : 05 sept. 2003, 02:00
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SR71_Blackbird
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727 a écrit :Hello flyb7, de rienflyb7 a écrit :merci pour ce témoignage intéressant 727.
Avec ton planning et tes heures de travail , t'estimes tu fatigué ?
On peut voir d’après certaines études qu'après 10 heures de travail, on est apparemment aussi efficace qu'avec 5 bières dans le sang! quel est ton avis sur ça, toi qui vol dans une compagnie on peut dire correct de nos jours?
Est-ce que je m'estime fatigué ? ça dépend des périodes, comme je te disais quand ça charge bien avec des levers-tôts successifs et/ou des vols de nuit, là oui vers la fin de la période je me sens fatigué donc j'essaie de me coller un max à ce que je t'ai dit
Et ça va dépendre aussi de ta vie perso : j'ai un ptibou de deux ans et mon amie s'est fait opérée d'une hernie discale, donc il y a eu une période bien hard où quasi à peine rentré il fallait que j'enchaîne sur les courses, aller chercher le petit, le porter chaque fois que nécessaire. Pour te dire jusqu'où c'est allé pendant cette période, je me suis arrêté à un moment deux jours pour pouvoir récupérer parceque j'étais à bout et que je faisais plus de conneries en vol, pas des graves, mais ça traduisait un état de fatigue trop important pour l'exercice "safe" de ma fonction. En gros, j'ai fait ma prévol intérieure, j'ai vu que ça allait pas et j'ai appellé la cie pour dire "nogo". Le doc voulait m'arrêté quatre jours, je lui ai fait mettre deux jours, mais bref c'est pour dire que c'est pas de la comédie, et les reportages que tu as posté vont dans le bon sens.
Ce que je trouve dingue dans ma compagnie, c'est l'incapacité du planning à donner des programmes équilibrés entre pilotes, parfois sur un mois tu as un pilote qui n'a quasimment que des matins et un autre quasimment que des après-midi, j'espère que ça va évoluer. Il me semble que chez AF c'est plutôt pas mal ficelé de ce point de vue, je crois que par exemple quand il y a des levers tôt consécutifs le planning fait en sorte de donner des départs de moins en moins tôts (pour ma dernière séquence c'était carrément l'inverse ..).
Pour revenir sur ton exemple où tu as vu dans une étude qu'après dix heures de travail on est aussi efficace qu'après avoir bu plusieurs bières, c'est exagéré et ça ne prend pas en compte tous les facteurs. L'effet de dix heures (ou plus) dans un avion va dépendre de l'état de fatigue du pilote avant le vol, de comment se passe le vol (problèmes techniques, passagers, équipage, météo, .. ou non), si c'est un vol de nuit (attaque du rythme circadien) ou non. Donc je dirais que ce qu'ils disent est vrai pour un pilote qui déjà avant le vol était crevé, et dans ce cas, il aurait dû prendre le tél et dire non. Je me souviens d'un ex-collègue captain chez Régio qui m'avait dit qu'après une nuit courte, vu que lui et son co-pi faisait beaucoup d'erreurs, il a "planté" la rotation. C'est plutôt sage mais courageux car ça n'est évidemment pas une décision qu'on prend avec gaieté de coeur, mais il y a des extrêmes qu'il faut savoir reconnaître et s'arrêter.
Je fais un petit apparté par rapport au vol de nuit : avant le vol, se prévoir une bonne sieste de plusieurs heures si possible, tout en ayant fait une bonne nuit la veille (mais pas trop non plus pour pouvoir faire la sieste). Ne pas prévoir d'activités importantes (pas de bricolage, gros plein de corses![]()
, ...). Et pendant le vol lorsque c'est notre tour d'aller pionser, se mettre en conditions et essayer d'en profiter (position confortable, appui lombaire, col ouvert, isolation visuelle et auditive, se concentrer sur sa respiration (sophro).
Et un dernier apparté sur le trajet retour en voiture après un vol fatiguant (de nuit par exemple) : it's a killer !
C'est je pense parcequ'il y a la fatigue certes, mais aussi une sorte de relâchement parcequ'on est arrivé, parcequ'on pense à son lit et on en devient moins vigilant. Il y a pas mal de navigants qui ont eu des accidents comme ça, dont certains mortels. Je crois bien qu'à cause de ça, UTA avait un service de navettes pour (amener) ramener les équipages chez eux (une sorte de co-voiturage de compagnie aérienne)
merci de ces infos
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