C'est effectivement de NTPS que je parlais!
En Angleterre on peut faire pareil, d'après ce que j'ai cru comprendre, il n'y a qu'à l'EPNER où ça ne se fait pas (il faut être envoyé par un client avionneur), maintenant c'est peut être pas vrai et ce serait une bonne nouvelle!
Pour l'histoire de la formation, il est certain que c'est pas avec un PPL qu'on va se lancer là dedans (quoique... une QT sur L39 coûte un peu plus de 30000€ et ne demande que le PPL pour ensuite aller faire joujou le we), je pense que le minimum pour s'essayer à ça c'est bien d'avoir fait un ATPL pratique complet jusqu'au frozen. Ensuite, l'aviation est tellement vaste qu'à moins d'être un émir du Golfe, avant de chercher à devenir pilote d'essais, on a le temps de s'essayer à beaucoup de choses et donc de faire un paquet d'heures et de machines différentes!
Pour la formation, je pense que paradoxalement pas besoin d'être un as pour en devenir un. Un essayeur c'est à mon sens autant un technicien (au sens ingénieur) qu'un pilote; on va pas lui demander d'aller jouer au pilote de meeting, ni de voir quel comportement aura l'avion sans en avoir la moindre idée comme dans les années 50 (à l'époque c'était des cadors, mais la technique n'était pas ce qu'elle est maintenant, fallait compenser par les capacités des pilotes). Un pilote d'essais aujourd'hui, c'est quelqu'un qui va prendre part à l'étude de l'appareil, ça veut dire qu'à l'avance on sait à peu près quasiment prédire toutes les réactions qu'aura l'avion dans telle ou telle situation. Le PE va alors valider ces prédictions en réalisant des séquences de tests en vol, un peu comme l'ingé informaticien qui après avoir écrit un programme va réaliser une campagne de tests où unitairement, il va tester les fonctions écrites en leur soumettant tous les jeux de paramètres possibles, et s'assurer que ça ne plante pas (et si ça plante, pourquoi et comment corriger).
En avion je pense que comme dans beaucoup de domaines scientifiques, c'est pareil. Le pilote va valider en vol, et là où il aura besoin de ses capacités de pilote, ce sera dans les tests des phases de vols anormales (en limite de l'enveloppe par exemple), ou si une phase apriori normale ne se déroule pas comme prévue; pour tout le reste, ça reste une combinaison (de haut niveau certes, mais où les deux ont le même poids) alliant pilotage et réflexion, mais être "juste" un pilote entrainé pour ça suffira, sans avoir l'étoffe d'un as.
Après pour ce qu'il en est dans la pratique, je ne suis qu'un jeune ingé junior donc j'ai pas prévu d'être millionnaire demain (dans les meilleurs des cas après demain ou vendredi, sinon je serai un peu plus patient

), mais ça serait intéressant de savoir comment ça se passe! A mon avis ça alterne cours techniques sur les sciences aéronautiques, cours théoriques sur les méthodes d'essais et d'analyses, et mise en pratique avec les appareils, comme en école d'ingé, mais avec des plus beaux sujets d'études
Pour ceux qui voudraient s'y essayer à moindre coût, je ne sais plus si ça se fait directement à l'EPNER, mais Supaero (l'ensae plutôt que l'ensica) a un Master spécialisé (donne un bac+6) pour former des ingés d'essais; 6000 € jeune diplômé, 12 000 € sinon... ça peut valoir le coup (donnez des nouvelles si certains s'y essayent

)