Pourquoi la carrière de pilote est en déclin.

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Erwan Mace
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Pourquoi la carrière de pilote est en déclin.

Message par Erwan Mace »

En tant que pilote commercial, j'ai observé un déclin progressif du rôle et du statut de pilote ces quinze dernières années. Il y a trois raisons principales pour expliquer la baisse des salaires de pilote : les compagnies aériennes low cost; l'automatisation des cabines de pilotage; le nombre conséquent de pilotes débutants qui sont en recherche d'emploi.

Aux raisons invoquées par les pilotes d'Air France pour débuter leur grève en septembre dernier (salaires, bénéfices) s'ajoute un autre problème, plus sous-jacent, touchant avant tout à l'aspect symbolique du rôle du pilote. Le sondage récent effectué par PrivateFly auprès des pilotes expose les motivations de ceux qui font carrière. 5 % des pilotes vivraient « un rêve d'enfant », ayant pour la plupart « souhaité piloter dès leur plus jeune âge ». Beaucoup d'émotions et de fierté sont ainsi impliquées dans l'apprentissage de vol et c'est pourquoi la réaction des pilotes aujourd'hui est assez vive, alors que leur rôle est en train de changer.

La grève d'Air France du mois de septembre a eu un impact fondamental et durable aussi bien pour le groupe que pour l'industrie des compagnies aériennes. Les passagers vont subir de plus en plus de perturbations dans les années à venir, alors que les différents syndicats de pilotes se battent contre une inévitable détérioration des conditions sociales et salariales de leurs membres.

Les compagnies aériennes low cost impactent les compagnies aériennes traditionnelles depuis plusieurs années maintenant. Les flottes de Ryanair et easyJet ont aujourd'hui atteint un volume important et leurs offres de routes et d'horaires de vol sont beaucoup plus étendues qu'avant.

Ainsi, elles sont en mesure aujourd'hui de répondre aussi bien aux besoins des voyageurs d'affaires que de ceux des voyageurs de loisirs. L'érosion des horaires de vol des compagnies aériennes traditionnelles ne fera donc que continuer.

En cette période de récession, les compagnies low cost sont surtout en capacité de recruter des pilotes débutants, afin de continuer à accroître leurs équipages, alors que les compagnies aériennes traditionnelles sont quant à elles obligées de geler leurs embauches.

Les pilotes débutants décideront de signer dans une compagnie low cost pour leur premier emploi car elle représente leur seule opportunité de débuter leur carrière.

Les copilotes fraîchement enrôlés par les compagnies aériennes doivent cependant payer leur formation (avec en moyenne un tarif de 30.000 euros par formation). Hélas pour nous pilotes, j'ai peur qu'il faille s'attendre à une onde de choc plus importante lorsque les compagnies aériennes auront l'autorisation de voler avec un seul pilote à bord (assisté par des pilotes restés au sol). Après tout, l'armée forme actuellement plus d'opérateurs basés au sol que de pilotes de chasse.

Le rôle du pilote dans notre société est donc en pleine mutation.

La technologie a créé plus d'automatisation du tableau de bord, mais le pilote reste toujours une véritable figure de proue en matière de sécurité. Et, lorsque des décisions importantes doivent être prises, je pense que l'on est encore loin de voir des passagers accepter de monter à bord d'un avion sans pilote.

En aviation, la sécurité des passagers est basée sur deux piliers : l'avion et l'équipage. En montant à bord d'un avion parfaitement entretenu avec un équipage bien formé, votre sécurité sera complètement assurée. En revanche, si vous recrutez des pilotes inexpérimentés et moins chers, il n'y a aucun doute que l'expérience du voyageur en pâtira.

Aujourd'hui, la fonction de pilote change de façon irrémédiable et les compagnies aériennes se doivent de s'accorder avec leur nouveau « business model ».

Est-ce que les pilotes d'Air France combattent pour une cause perdue ? Malheureusement je le crois.?
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Iznogood
Elève-pilote posteur
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Enregistré le : 28 sept. 2013, 08:25

Message par Iznogood »

Moi je dirais que les pilotes et les jobs c'est comme les vautours et les carcasses. Avant il y avait plus de carcasses que de vautours. Maintenant il y a trop de vautours (petits et grands). Les petits vautours doivent se contenter des petites carcasses car leur bec ne sont pas assez tranchant pour les carcasses de buffles. Et les gros...laisse tomber quand ils voient un petit s'approcher.

Et encore heureusement que les vautours d'Europe ont accès libre sur les grosses carcasses d'éléphant d'Afrique, d'Asie et du Moyen Orient et que heureusement (encore) que les vautours africains sont interdits de passer à table en Europe et aux USA. Parce que vous imaginez si chacun ne peux manger que chez soi? j'en connais plus d'un qui deviendront VLML (ou même VGML) et brouteront de l'herbe.

Bref, quand on s'embarque dans cette aventure c'est mieux de ne pas se voiler la face. Aujourd'hui il y a plus de chance de finir caissier et coursier avec un CPL-IR qu'aux commandes (ou même juste au micro) d'un appareil volant imitant oiseau naturel...en Europe (surtout).

Mais comme on dit "ceux qui ne jouent pas ne gagneront jamais". Faites vos jeux!
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