Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Devenir Pilote de Ligne en empruntant la "petite porte" en France et/ou en Europe.

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fouga
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par fouga »

Entièrement d'accord, c'est également ces atouts que j'ai cité pour obtenir un très bon poste dans une industrie très fortement réglementée et dite sensible.

Le management a apprécié ma capacité à être rigoureux dans les suivis de procédures, ma façon de partager les informations et de faire preuve de transparence en équipe, ainsi qu'un certain self control pour travailler sous pression ou face à des défaillances matériels...
... ça a été une véritable plus value qui a différencié mon profil face à des postulants étant eux uniquement ingénieurs et expérimentés.

Mais je reste convaincu que si j'avais été que pilote mon profil ne les aurait pas intéressé du tout.

Ce que tu dis est juste, mais ne devient pas ingénieur/trader ou autre qui veut, il y a des barrières intellectuelles beaucoup plus élevés que pour être pilote (tout le monde n'en a pas simplement les capacités, c'est pour ça qu'un certain nombre d'étudiants dégagent malgré leurs efforts pendant la première année du cycle ingénieur déjà à bac+3), et même si on y arrive, ça demande du temps pour avoir ce fameux bac+5 et un certain nombre d'années d'expérience pour pouvoir vraiment intéresser les boites, le temps d'avoir vue différentes technologies, problèmes et projets concrets, et d'avoir tout simplement acquis une certaine maturité intellectuelle et professionnelle.

Pilote et Ingénieur ne sont pas les mêmes métiers, si certaines composantes sont transposables ou utilisable de l'un à l'autre, ça demande un certain investissement pour translater, notamment en temps, pour basculer d'un métier à l'autre, et c'est tout sauf une évidence.
Néanmoins ça reste possible sous condition d'avoir les capacités intellectuelles minimums (quand même beaucoup de pilotes les ont malgré ce que j'ai dit plus tôt, mais ce n'est pas non plus le cas de la totalité...), mais ce n'est pas juste une formalité, il faut être prêt à s'engager, s'investir et y passer du temps.

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Weuzz
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Weuzz »

fouga a écrit : 22 nov. 2020, 21:34 mais ce n'est pas juste une formalité, il faut être prêt à s'engager, s'investir et y passer du temps.
L’article précédent aborde ce point déjà évoqué précédemment. L’attractivité du métier était un moteur puissant chez le pilote qui le fait performer et lui permet de développer un certain niveau dans son job.

Permuter vers un autre métier qui lui est inconnu va effectivement demander un travail mental important pour trouver de nouveaux ressorts. Ne serait-ce que pour d’abord digérer le choc de quitter un métier « hors sol » puis ensuite retrouver un degré de motivation suffisant pour le nouveau domaine.

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zorororo
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par zorororo »

ne devient pas ingénieur/trader ou autre qui veut, il y a des barrières intellectuelles beaucoup plus élevés que pour être pilote

Ça va les chevilles ?
J'ai pas eu l'impression de voir tellement de "puissance intelectuelle" dans les écoles d'ingé. Beaucoup de cours chiants et des gamins, fils et filles ( beaucoup plus rarement) de familles aisées, qui veulent faire la fête.
Tu volais chez qui ?
Le parcours de formation du début de QT à la fin du line training a été une des expériences les plus stimulantes intellectuellement pour moi.
Le problème de la reconversion c'est le diplome et les connaissances. C'est beaucoup. Pas la peine d'en rajouter une couche.

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fouga
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par fouga »

J'ai pas eu la chance de voler en compagnie, le covid ayant neutralisé les sélections où j'étais presque au bout...

J'ai pas dit que c'était impossible et un certain nombre de pilotes y arriveront sans problème. Mais quand on voit à l'Atpl que certains voient des modules "techniques" comme très difficiles, il faut qu'ils se posent des questions, le calcul d'un moment pour le centrage, de facteur de charge ou de transformation IAS/CAS/TAS ainsi que le détail du fonctionnement d'un réacteur ou d'un moteur à piston en systèmes avion, ce n'est même pas entièrement l'introduction d'un module de ce qu'on trouverait en école d'ingé.

Dans ces fameuses écoles on bouffe des maths et de la physique à longueur de journée (tu le sais comme tu es ingé aussi je crois comprendre), des fois même sur des sujets pas très concrets (et c'est très discutable je suis d'accord, je suis automaticien, j'ai passé plus de la moitié du temps à bosser sur des équas diffs et des transformées diverses sans savoir le sens physique du système qui était derrière).
Si quelqu'un n'aime pas ou n'est pas fait pour les maths un minimum, il ne pourra pas devenir ingénieur, c'est comme ça.
La nature réparti les compétences de manière plus ou moins aléatoires, certains sont câblés pour un métier A et pas un métier B, d'autres pour le métier B et pas le métier A, d'autres pour les deux. Celui qui peut faire A et B peut être fier de son travail pour y être arrivé, mais en aucun cas se targuer d'une quelconque supériorité aux autres, il a juste eu de la chance au stade embryonnaire, le reste c'est du travail.

Pour la suite, ça dépend des écoles, dans la mienne on venait quasiment tous de la classe moyenne, j'étais pas très BDE et beuveries, j'ai pas vue non plus dans sa globalité de la puissance intellectuelle au niveau des promos... mais étant moi même geek (autant avion que technologie), j'ai pu m'épanouir et ayant pas tendance à me laisser écraser par les queutards (BDE et compagnie) j'ai entrainé avec moi une ribambelle de geeks et on a formé un noyau studieux qui a fait des belles réalisations pour l'époque.

Pour le reste, j'adhère totalement à ce que dit Weuzz et qui synthétise ma façon de voir les choses avec les difficultés de passer à autre chose.

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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Jop »

zorororo a écrit : 23 nov. 2020, 00:00
ne devient pas ingénieur/trader ou autre qui veut, il y a des barrières intellectuelles beaucoup plus élevés que pour être pilote

Ça va les chevilles ?
+1 on lit des choses parfois sur ce forum qui font bien rire dès le matin.
J'aurais éventuellement dit à la limite "barrières mentales"... Effectivement, chaque individu voit sa réalité principalement en fonction de son éducation et son parcours de vie. Il est souvent "bloqué" par ses propres vues (souvent fausses) et ce qu'il pense de lui-même. Mais il n'y a en fait que les limites que l'on s'impose. Tout le monde a un cerveau et de ce fait peut réfléchir et apprendre. La différence, c'est bien souvent le facteur temps. Des fois, tu as des déclics", et tu apprends très vite en très peu de temps. Mais insinuer que certains sont plus intelligents que d'autres... c'est très très subjectif.

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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Air France One »

Fouga, tu adores te gargariser. C'est pathétique. Je t'invite par ailleurs à l'avenir à ne pas trop t'avancer sur des thématiques que tu ne maitrises pas.

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fouga
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par fouga »

Jop, étant donné que j'ai lu ton blog et que j'ai beaucoup de respect pour ton parcours, je vais te répondre en te donnant ma vision des choses.

Je ne dis pas que les ingénieurs sont au dessus du reste et sont forcément plus intelligents, le dénominateur commun à un succès dans un métier exigeant, par exemple pilote/médecin/ingénieur, c'est avant tout le travail.
Mais il y a des prérequis, qu'on les appelle mentaux, cérébraux ou intellectuels, pour moi ce sont des synonymes.

Parmi les gens que j'ai vue lors des sélections je maintiens qu'un certain nombre ne pourrait pas devenir ingénieur car ils n'ont tout simplement pas la fibre scientifique, en revanche ils peuvent très bien exceller dans autre chose avec des responsabilités importantes.
La réciproque est vraie dans l'autre domaine, j'ai vue des ingés qui étaient très bons dans ce qu'ils faisaient, mais qui ne pourraient pas être pilote (et je parle là en général, ppl, planeur ou ulm inclus) car ils sont déjà plus que limites avec une voiture et n'ont pas ces capacités de spatialisation et priorisation ni de réaction temps réelle qu'on doit avoir dans un avion.

Le but de tout ça n'est pas de se faire mousser ou autre, mais de dire que le passage d'une profession à l'autre n'est pas systématique et encore moins automatique... un pilote pour devenir ingé s'il n'a pas de formation de base avant repart pour 3 à 5 ans selon l'équivalence qu'il obtient, de la même façon qu'on peut avoir un PhD en météorologie ou méca vol, pour avoir l'Atpl faut se retaper les 14 certifs et même là où on est déjà qualifié par un autre domaine (le météorologue par exemple), il va falloir passer le certificat quand même.

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Dubble
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Dubble »

Jop a écrit : 23 nov. 2020, 11:13 +1 on lit des choses parfois sur ce forum qui font bien rire dès le matin.
J'aurais éventuellement dit à la limite "barrières mentales"... Effectivement, chaque individu voit sa réalité principalement en fonction de son éducation et son parcours de vie. Il est souvent "bloqué" par ses propres vues (souvent fausses) et ce qu'il pense de lui-même. Mais il n'y a en fait que les limites que l'on s'impose. Tout le monde a un cerveau et de ce fait peut réfléchir et apprendre. La différence, c'est bien souvent le facteur temps. Des fois, tu as des déclics", et tu apprends très vite en très peu de temps. Mais insinuer que certains sont plus intelligents que d'autres... c'est très très subjectif.
C'est sûr que ce n'est pas qu'une question d'intelligence.
C'est surtout une question de temps, effectivement, et de motivation.

La barrière mentale elle se trouve dans le temps qu'on est prêt à accorder à une éventuelle reprise d'étude et la motivation avec laquelle on s'y lancerait.
A ma petite échelle, hier soir je me suis posé par curiosité la question de savoir comment calculer la trajectoire du soleil dans le repère terrestre, pour prédire la direction du lever et du coucher du soleil.
Après une analyse courte et peut-être incomplète, je pense qu'il faut et suffit quasiment de savoir transformer le repère solaire en repère local, et donc pour cela appliquer plusieurs matrices de rotation. La rotation de la terre sur elle-même évidemment, mais autour d'un axe qui lui-même pivote de 23° par rapport à la verticale (avec la rotation de la terre autour du soleil), puis les rotations liées à la latitude et à la longitude...
Voyant ça et la galère à venir, je m'arrête là et me contente de solutions toutes faites.
Si j'étais passionné d'astronomie j'aurais eu la motivation d'y passer le temps qu'il faut (je pense 6 à 10 heures) pour implémenter quelque chose de correct. Sauf qu'on est sur aeronet, donc un forum de passionnés d'aviation, pas d'astronomie ou de matrices de rotation.
fouga a écrit : 23 nov. 2020, 13:45 Parmi les gens que j'ai vue lors des sélections je maintiens qu'un certain nombre ne pourrait pas devenir ingénieur car ils n'ont tout simplement pas la fibre scientifique, en revanche ils peuvent très bien exceller dans autre chose avec des responsabilités importantes.
La réciproque est vraie dans l'autre domaine, j'ai vue des ingés qui étaient très bons dans ce qu'ils faisaient, mais qui ne pourraient pas être pilote (et je parle là en général, ppl, planeur ou ulm inclus) car ils sont déjà plus que limites avec une voiture et n'ont pas ces capacités de spatialisation et priorisation ni de réaction temps réelle qu'on doit avoir dans un avion.
Oui mais ce n'est pas politiquement correct de dire ça, ou alors il faut beaucoup de pincettes..

Là où je disais que ce n'est pas qu'une question d'intelligence : ces personnes là pourraient changer de domaine, le cerveau est capable de tout ou presque.
C'est juste que le temps requis serait trop élevé, par rapport aux motivations et aux gouts de la personne. Les motivations et les gouts façonnent énormément les compétences, bien plus que la capacité de performance pure du cerveau.

Il y a de rares exceptions qui ne pourraient pas se former à tel ou tel métier.
De toutes les écoles où je suis passé, j'ai entendu une seule histoire d'un candidat qui n'arrivait pas à avoir son CPL malgré les rallonges d'heures à volonté.

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fouga
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par fouga »

Tu as raison Dubble, tu expliques mieux l'idée que je n'aurais pu le faire ;)

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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Jop »

Fouga, le respect que tu peux avoir ou pas pour mon parcours n'a rien à voir avec le sujet et n'y vois pas d'attaque personnel lorsque je dis que ça m'a fait rire, c'est juste une phrase à un moment dans un contexte particulier, rien de plus rien de moins.
Sinon Dubble a assez bien résumé ce que je pense. Et ce que je pense c'est que rien n'est figé. On ne naît pas avec une capacité mentale ou intellectuelle limitée... Les pré-dispositions dont tu parles sont liées à l'éducation et au parcours personnel, héritage génétique et surement pleins d'autres facteurs... Je ne suis pas d'accord lorsque tu dis que des gens que tu as vu en sélection ne pourraient pas devenir ingénieur, même s'ils paraissent ne pas avoir la fibre scientifique. Quand tu dis ça, tu figes et tu mets les gens des cases. Lui il est comme ceci ou comme cela. En vrai, si on se met pas de barrières, comme le dit très bien Dubble, avec le temps et la motivation, on trouvera le moyen de parvenir à ce qu'on veut être ou faire. Rien que chez les pilotes, j'ai vu tellement de gens venant d'horizons qui n'ont rien à voir. Un exemple d'un collègue: Musicien professionnel (batteur) pendant 20ans devenu Captain 37 en relativement peu de temps.

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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par flydream »

Dubble a écrit : 23 nov. 2020, 14:08
A ma petite échelle, hier soir je me suis posé par curiosité la question de savoir comment calculer la trajectoire du soleil dans le repère terrestre, pour prédire la direction du lever et du coucher du soleil.
Dubble, trouve-toi une copine :xlol: :xlol: :xlol:

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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Squish »

MDR, get a life dude indeed!

surtout que dans un lointain topic, de souvenir mais ça m'avait marqué
, Dubble avait un jour dit, qu'il n'aimait pas calculer.... et il était sérieux
ce jour là je me suis demandé s'il nous prenait pas pour des imbéciles mdrr

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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par FlyingKangaroo »

flydream a écrit : 23 nov. 2020, 15:43
Dubble a écrit : 23 nov. 2020, 14:08 A ma petite échelle, hier soir je me suis posé par curiosité la question de savoir comment calculer la trajectoire du soleil dans le repère terrestre, pour prédire la direction du lever et du coucher du soleil.
Dubble, trouve-toi une copine :xlol: :xlol: :xlol:
Et pourtant il en a une, c'est bien ça le pire :lol:

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fouga
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par fouga »

Jop a écrit : 23 nov. 2020, 14:48 Fouga, le respect que tu peux avoir ou pas pour mon parcours n'a rien à voir avec le sujet et n'y vois pas d'attaque personnel lorsque je dis que ça m'a fait rire, c'est juste une phrase à un moment dans un contexte particulier, rien de plus rien de moins.
Sinon Dubble a assez bien résumé ce que je pense. Et ce que je pense c'est que rien n'est figé. On ne naît pas avec une capacité mentale ou intellectuelle limitée... Les pré-dispositions dont tu parles sont liées à l'éducation et au parcours personnel, héritage génétique et surement pleins d'autres facteurs... Je ne suis pas d'accord lorsque tu dis que des gens que tu as vu en sélection ne pourraient pas devenir ingénieur, même s'ils paraissent ne pas avoir la fibre scientifique. Quand tu dis ça, tu figes et tu mets les gens des cases. Lui il est comme ceci ou comme cela. En vrai, si on se met pas de barrières, comme le dit très bien Dubble, avec le temps et la motivation, on trouvera le moyen de parvenir à ce qu'on veut être ou faire. Rien que chez les pilotes, j'ai vu tellement de gens venant d'horizons qui n'ont rien à voir. Un exemple d'un collègue: Musicien professionnel (batteur) pendant 20ans devenu Captain 37 en relativement peu de temps.
Même si le sujet est intéressant (je partageais ta thèse pour beaucoup de points, mais quand j'en ai parlé l'an passé avec une psychiatre de mon entourage elle m'a dit que c'était faux, l'intelligence est selon elle définit à la naissance et la stimulation entraine une variation de 5 points, donc faible, j'aurais aimé croire qu'on pouvait forger l'intelligence chez n'importe qui à force de travail, mais selon elle ce n'est pas possible), je pense que j'ai fait dévié le sujet.

La question de base c'était reconvertir ses compétences et connaissances de pilote dans un autre métier.
Si on considère cela comme une reconversion/changement de carrière, alors oui c'est tout à fait possible, ça demande du temps, de l'investissement et pour un bon nombre de personnes ça marchera.

Mais quand on me parle d'utiliser ces skills pour faire un autre métier, je vois ça comme une transposition directe et immédiate pour faire face à la situation actuelle. Et là je maintiens qu'il va être très délicat de trouver un métier à haute spécificité comme ça du jour au lendemain.

Il y a une quinzaine d'années une grande banque en manque d'informaticiens a recruté du "tout venant bac+5" et a formé en quelques mois des biologistes, chimistes et physiciens à l'informatique avec succès, mais paradoxalement, elle a refusé d'intégrer et de faire monter en compétence des diplômés en informatique ayant un bac+3 (politique toujours en vigueur avec plus ou moins de souplesse)... cette ségrégation par le niveau de diplôme plutôt que par son contenu est pour moi une absurdité, mais ce ne sont pas les seuls à faire comme ça.

Cela veut dire que si un grand groupe bancaire le fait, ce ne sont sûrement pas les seuls, et si le critère est le niveau de diplôme, sans équivalence du niveau minimum pour le poste, ça fait des barrières à franchir, et en France on est un peu spécialiste de ce genre de chose comme de la politique du plafond de verre.

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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par JAimeLesAvions »

J'ai eu la chance d'être au collège au moment des maths modernes .


C'est une sorte de prise de pouvoir bourbakiste dans les écoles. Ca n'a pas duré longtemps, mais moi qui était presque en échec scolaire, je me rappelle parfaitement être rentré de l'école en me disant que c'était la première fois que j'avais eu l'impression que ça me servait à quelque chose. J'étais émerveillé par la notion d'espace vectoriel, alors que tout le monde disait en substance que l'espace vectoriel était un scandale, ou plutot les maths modernes.
https://www.franceculture.fr/sciences/c ... s-en-maths

Donc je pense que nous ne sommes pas faits tous de la même façon pour ce qui est de la manipulation des abstractions.
I don't think it's quite fair to condemn a whole program because of a single slip-up

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Jop
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Jop »

fouga a écrit : 23 nov. 2020, 18:33 Même si le sujet est intéressant (je partageais ta thèse pour beaucoup de points, mais quand j'en ai parlé l'an passé avec une psychiatre de mon entourage elle m'a dit que c'était faux, l'intelligence est selon elle définit à la naissance et la stimulation entraine une variation de 5 points, donc faible, j'aurais aimé croire qu'on pouvait forger l'intelligence chez n'importe qui à force de travail, mais selon elle ce n'est pas possible), je pense que j'ai fait dévié le sujet.
Désolé pour le hors sujet mais c'est passionnant. Je vais pas m'étendre sur le sujet car ya trop de choses à dire mais la psychiatre de ton entourage n'est visiblement pas à jour. Pour faire court, regardes le sujet de la neuroplasticité ou plasticité du cerveau et les travaux du Dr Jon Kabat-Zinn et les effets de la méditation sur le cerveau. C'est extrêmement bluffant et vient contredire ce qu'on a toujours cru justement, à savoir que les choses étaient figées, que les gens ont un caractère et qu'ils ne peuvent pas changer...

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fouga
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par fouga »

J'espère que t'as raison alors ;) je valorise beaucoup le travail et j'espère que n'importe qui avec les bons efforts puissent arriver à n'importe quel résultat... Elle m'a défendu le contraire mais je ne suis pas assez calé et n'ai pas eu le temps d'éplucher le sujet pour savoir où est la vérité.

Dans tous les cas, même avec du talent faut bosser, il y a un moment où c'est ça qui prime par dessus les compétences innés, je pense que ça marche tout seul éventuellement jusqu'au bac, mais plus après (et personnellement ça ne marchait déjà pas sans travailler en 1ère).

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JAimeLesAvions
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par JAimeLesAvions »

Jop a écrit : 23 nov. 2020, 20:38Dr Jon Kabat-Zinn et les effets de la méditation sur le cerveau.
Je suis sûr que la méditation dans son institut a des effets bénéfiques sur son portefeuille.
Je suggère de rester sur ses gardes vis à vis de des gourous en général
https://qz.com/1100368/the-science-behi ... ly-flawed/
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Big Brother
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Big Brother »

Il est parfois aisé de dériver mais merci à tous de rester autant que possible dans le sujet du message, à savoir les possibilités de reconversion professionnelle (et leurs éventuelles difficultés) pour un pilote de ligne souhaitant arrêter l'aviation.

Ils existent probablement d'autres forums plus appropriés pour discuter en détails innéisme, neurosciences, méditation & co.

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Weuzz
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Re: Reconversion: Arrêter l'aviation, mais quoi faire?

Message par Weuzz »

Dubble a écrit : 23 nov. 2020, 14:08 C'est sûr que ce n'est pas qu'une question d'intelligence.
C'est surtout une question de temps, effectivement, et de motivation.
fouga a écrit : 23 nov. 2020, 18:33
Mais quand on me parle d'utiliser ces skills pour faire un autre métier, je vois ça comme une transposition directe et immédiate pour faire face à la situation actuelle[/u]. Et là je maintiens qu'il va être très délicat de trouver un métier à haute spécificité comme ça du jour au lendemain.
Totalement d’accord avec ça.

Fouga, en fait tout ceci fonctionne comme une écurie F1. Un pilote de F1 n’est pas l’ingénieur en charge de l’aérodynamique du bolide. Il est le pilote parce que c’est lui qui sait faire ça le mieux. C’est un fou furieux de vitesse, grand fan du bruit moteur aux acuités sensorielles particulièrement développées quand l’ingénieur lui, sentira ses neurones atteindre leur paroxysme lors de recherches dans le calme d’une pièce.Alors les ingénieurs écoutent de temps en temps le pilote quand il râle pour que la voiture « match avec son feeling » parce que c’est lui qui va l’emmener en pôle position en une seule pièce, et tout le monde sera content.

On peut transposer cela au pilote de ligne.

Ça fonctionne parce que chacun est à sa place, dans son rôle dans une équipe et que les formes d’intelligence sont multiples. Un ingénieur doté d’une intelligence avancée dans ses conceptions peut en être totalement dépourvu dans bien d’autres domaines. Je trouve donc que le discours tenu par ta psychiatre est assez dangereux. Il en découle des expériences comme celles vécues par JLA ou Supernova quand ils se sont intéressés plus jeunes au métier de pilote.

De la même manière qu’on ne parachute pas du jour au lendemain dans une startup de jeunes geek de la tech parfaitement au fait des codes sources, des dernières perfs de la PS5 ou du nouveau chipset M1, un CDB qui faisait 15K€ par mois. Au CDB, on ne lui la fait pas à l’envers sur des circuits hydrauliques complexes ou l’effet atmosphérique sur la carlingue. Par contre il pourrait choquer ses co-workers de l’open Space avec son niveau sur Excel, MSProject etc à revoir totalement parce que c’est quand même bien différent d’un EFB/MCDU.

La reconversion pose donc une autre question comme l’a parfaitement résumé Dubble. Idéalement, il faudrait pouvoir se trouver de l’affinité avec le nouveau domaine.

La principale difficulté que je vois, c’est que d’autres facteurs entres en compte( rémunérations, opportunités, niveaux d’exigences, pressions financières personnelles etc) et surtout qu’en ces temps de crise, choisir un métier à sa guise est plus qu’un luxe.

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