Pour info, en 2001 j'ai fait une demi-année de maths-sup, je détestais ça mais je voulais tenir juste pour passer le concours ENAC. En 2001, je réussis les épreuves écrites mais j'échoue aux tests psychotechniques.
Entre temps je pars à la fac, et à tout hasard en 2002 je repasse le concours. Surprise ! J'ai encore réussi les épreuves écrites ! Donc je fonce à Toulouse, et là je réussis aussi les tests psychotechniques, les tests psychomoteurs, l'oral d'anglais, et me voilà parachuté aux entretiens, dernière étape de sélection...!
J'étais assez confiant, étant donné qu'environ 1 candidat sur deux est sélectionné à la suite de cette étape (on devait être une petite centaine).
Je ne sais pas quels sont les conseils de l'ENAC actuellement, mais à cette époque là c'était le rabachage suivant "aucune connaissance en aéronautique n'est nécessaire ! surtout ne faites pas de préparation à côté, nos examinateurs le verraient de suite ! On s'en fout que vous sachiez ce que c'est un avion, si vous réussissez on vous l'apprendra ! Inutile de savoir ce que c'est l'ATPL, la qualif JAR 25...etc !"
Je pense ne pas être le seul à cette époque qui a lu/entendu de telles choses. Un conseil, ne les croyez pas !!!
J'avais à l'époque un brevet de base théorique et pratique en poche, ainsi que le pilote privé théorique. Il est vrai que je ne connaissais pas grand chose à l'ATPL et à la formation dispensée par l'ENAC pour les EPL/S (difficile de se renseigner à l'époque, je ne sais pas depuis quand votre forum existe mais j'aurais aimé pouvoir le consulter en ce temps-là lol). D'autant plus que leurs brochures étaient très très vagues sur l' "après" concours.
Je ne me rappelle plus dans quel ordre j'ai passé les entretiens, 2 pilotes + psy ou l'inverse, j'ai oublié, donc on dira que c'était suivant le premier ordre.
Naïvement, je pensais que les 2 pilotes lors de l'entretien me poseraient des questions en relation avec ce qu'on attend d'une personne possédant le profil "commandant de bord" : travail en équipe, sans-froid, organisation et méthode, connaissances scientifiques de base, motivation, passion, que sais-je...! Et bien non, toutes les questions ont tourné sur des points précis du genre "est-ce que vous savez combien il y a d'épreuves distinctes pour l'ATPL ? est-ce que vous savez combien d'heures de vol il faut pour telle qualif ? Si vous êtes pris, savez-vous dans quel ordre vous apprendrez le métier de pilote ?"
Evidemment, comme la majorité des jeunes à qui j'ai parlé là bas, je savais juste que l'ENAC était une école offrant une formation aux métiers de l'aéronautique, que nous on était dans la filière EPL/S et que ça devait nous préparer à un examen de pilote de ligne. J'ai opté pour une attitude sereine, c'est à dire sans montrer que j'étais énormément déstabilisé, et répondu du mieux que j'ai pu en fonction de ce que j'avais pu grappiller ça et là. Ca me brûlait les lèvres de leur demander pourquoi ils m'embarquaient sur ce terrain, si en fait c'était un piège et qu'il fallait avoir une connaissance parfaite de la carrière de pilote avec notre vision de jeunots de 20 ans, avant même d'intégrer l'ENAC...? Je n'en ai rien fait, et j'ai essayé de montrer qu'au moins je pouvais garder mon sang froid.
Après les épreuves de groupes (je les avais oubliées celles-là !), go go go direction la psy.
Première question "Ah vous êtes Corse, c'est bien si vous êtes pilote vous trouverez vite un boulot à la CCM grâce au piston"
Question super pertinente, sans doute pour vouloir me déstabiliser.
Réponse basique, j'insiste sur le fait que c'est une passion avant tout, et que je suis persuadé qu'un pilote est recruté pour ses qualités, pas par piston, et qu'en Corse ça marche comme partout dans le monde...
Elle enchaîne sur des questions du même genre, souvent ironiques, souvent n'appelant pas de réponses...un peu comme francis kuntz de Groland.
Je sors de là assez démoralisé, je savais à cet instant que c'était foutu, et je ne me suis pas trompé.
Je pensais que cet entretien tournerait autour des réponses QCM fournies plus tôt dans le but d'établir un profil psychologique.
J'ai pris le temps de me renseigner auprès de quelques jeunes, pour eux ça s'était super bien passé, questions sympas, pilotes et psy sympa...!
Un m'a quand même dit en rigolant que niveau piston, l'ENAC était à l'époque financée par Air Inter et qu'ils feraient mieux de se la fermer sur le piston, vu que des fils à papa d'air inter l'avaient intégrée sans trop de problèmes. Mauvaises langues ou part de vérité ?
Rentré chez moi, j'ai attendu patiemment la lettre polie qu'ils vous envoient pour vous dire que c'est foutu, une lettre sans aucune explication me disant que j'avais échoué aux entretiens. C'est ça le pire, ils auraient pu rajouter "désolés vous ne correspondez pas au profil" ou "merde" ou quelque chose. Mais non, rien.
Je n'ai jamais retenté ce concours, j'étais dégoûté, je me suis orienté dans une autre voie et j'ai même arrêté de voler en club. Mais la passion reprend toujours le dessus, et c'est en me renseignant sur le net que je suis tombé sur ce forum, qui je pense est une excellente aide pour tous les passionnés qui veulent faire leur métier en l'air
Cet échec a tout changé pour moi, mais on apprend même (et surtout) de ses échecs dans la vie. Donc voici quelques conseils (dans l'ordre) :
- Pour les épreuves écrites, être un génie en Maths/Physique ne sert à rien, j'étais plutôt mauvais en prépa. Mais il faut "avoir l'oeil", c'est indispensable ! Vous travaillez avec des QCM, le but est donc de trouver les solutions par élimination, pas forcément de tout calculer !!! Attention à vérifier l'homogénéité des formules, attentions aux dénominateurs nuls, tout ce qui peut vous éviter un long calcul. Pensez à faire des schémas. Concernant l'anglais, il vous faut un bon niveau, et pour l'écrit, et aussi pour l'oral. Donc tout entraînement est bon à faire (TOEIC, TOEFEL, annales du bac, films en V.O.). Pour l'oral, un truc simple : allez sur le satellite, ou sur le net, ou sur votre radio, et enregistrez un reportage court (environ 4-5 min). Pendant que vous l'enregistrez, prenez des notes. Suite à ça, essayez de trouver les personnages principaux (si il y en a), d'identifier le/la journaliste, l'endroit (pays, ville, lieu) d'où il/elle parle, le contexte du reportage, l'objet de la communication. Posez-vous des questions et essayez d'y répondre. Elargissez ensuite sur un sujet plus général en quelques phrases. Réécoutez ensuite pour voir si "ça colle". Dès la première écoute il est important de prendre le maximum de notes et d'emmagasiner le maximum d'infos, une seconde écoute ne devant être là que pour se rappeler des petits détails.
- Epreuves psychotechniques : faîtes des tests de Q.I., de logique, entraînez-vous au calcul mental, usez et abusez de la "règle de trois" (concours administratifs de classe C par exemple). Un Q.I. n'est pas figé : il croît avec l'entraînement. Pour les tests Enac, c'est pareil.
- Epreuves psychomotrices : malheureusement c'est bien vieux, et j'ai vu sur ce site des personnes qui avaient bien résumé ce qu'on vous demandait. En général, une bonne coordination est nécessaire. Je ne pense pas que les jeux vidéos pris tels quels soient un entraînement fantastique, mais par exemple le fait d'inverser la souris peut vous aider.
Je me rappelle que ça allait crescendo, au début un truc à commander, après 2, puis 3, puis inversion d'une commande...le tout avec une interface horrible qui fait penser graphiquement aux jeux de la COLECOVISION que la majorité d'entre vous, petits jeunes, n'ont pas connue.
-Entretiens : Concernant l'entretien avec les pilotes, ne négligez rien, connaissez les étapes du processus de formation ENAC, les étapes aussi pour l'ATPL, les qualifs, etc. Soyez toujours posés, je pense que c'est important de montrer qu'on ne se laisse pas déstabiliser comme ça, et que si c'est le cas on reprend vite la situation en mains.
Pour ce qui est du ou de la psy, il/elle se basera sur vos réponses faites lors des QCM psychologiques (je ne sais pas si ça existe encore). Je ne sais pas quoi vous dire à part vous souhaiter de ne pas tomber sur la même que moi lol
Donc pour reprendre le sujet de mon post : ne négligez pas les entretiens ! Préparez-les comme n'importe quelle autre épreuve, ne cherchez pas à tromper les personnes en face, elles en ont vu d'autres, soyez simple et convaincant, posé, objectif sur vous-même et sur les autres. Evitez de faire les mêmes conneries que moi et beaucoup d'autres avons faites
Voilà, bonnes chances à toutes et à tous, et surtout poursuivez votre rêve jusqu'au bout, l'ENAC est une autoroute, mais rien ne vous empêche de prendre une route de montagne plus longue mais conduisant au même point : le plus beau métier du monde !
Bons vols à tous