SR71_Blackbird a écrit :5 Rings a écrit :Dubble a écrit :Pour ce md-shorts 360 on a pas aussi une autorisation en français et l'autre en anglais ?
Aussi il faut voir que le calcul de v1 ("vitesse à partir de laquelle on ne peut plus s'arrêter sans sortir de piste") est absurde si on a une piste très longue (la 27 unique de l'époque et ses 4200m) qui permet de décoller et de s'arrêter. Par ex sur un avion léger et une piste longue tu peux atteindre la vitesse de montée et avoir encore le temps de te reposer. Auquel cas v1 n'a plus aucun sens puisque tu n'accélères plus..
En bref "il ne faut jamais dire jamais"
On te souhaite de ne jamais à devoir expliquer ce genre de décision....car tu es sur une pente très glissante là.
sur bcp d'avions d'affaires, la V1 est une V1 balancée, indépendante de la longueur de piste utilisée à la difference d'avions lourd qui ont des fiches de perfo pour chaque QFU et pour chaque masse et dont la V1 tient compte de la longueur de piste.
ce qui veut dire effectivement que s'arreter après V1 sur une piste non limitative ne signifie pas forcement sortie de piste mais c'est pas certifié pour et difficilement justifiable en cas d'incident...
Même si en effet on a des perfs calculées pour chaque QFU, il arrive souvent que ce ne soit pas la piste qui soit limitative. En toute théorie, dans un canapé au chaud, cela signifie qu'un stop au-delà de V1 peut ne pas se finir en catastrophe. Chez AF on en a eu un en Afrique sur 777, ils n'ont rien cassé, idem pour le 321 à Ajaccio, même s'ils ont dû négocier le virage à 90° en bout de piste à près de 50kt pour ne pas finir à la baille...
Mais il s'agit bien évidemment d'exemples à ne pas suivre !
Tu n'as pas que la longueur de piste qui est limitative au sol, tu as les vitesses maximum pneumatiques et plus contraignant les limitations energie freins. C'est bien beau d'arrêter l'avion sur la piste si c'est pour le faire cramer parce que les freins sont montés à 1000°C...
Il n'y a pas beaucoup d'automatismes imposés aux pilotes comme ça, mais certains sont obligatoires : on tire à fond sur le manche en cas de GPWS pull-up, on met toute la sauce dans un windshear, on met les masques en cas de dépressu, on continue après V1,...
Encore une fois il s'agit de situations trop dynamiques pour prendre le temps de réfléchir, on nous demande d'agir en premier, de sécuriser la trajectoire puis de réfléchir. Quelle que soit la longueur de piste restante, un arrêt-décollage à haute vitesse est une action violente, dangereuse et qui concentre toutes les chances de mal se terminer. Avant V1, on connait nos marges, on a une idée de ce qu'on peut faire ou ne pas faire. Après V1, ce n'est pas calculé, on est dans le flou et on ne peut que s'en remettre à la chance. Hélas ce n'est pas un paramètre sur lequel on a le droit de compter en tant que professionnel. C'est la dernière plaque de Reason, mais elle ne peut pas être considérée comme fiable. Elle a sauvé des gens certes, mais beaucoup sont morts pour avoir trop compté sur elle...
Concernant la collision à CDG, la langue a été un facteur contributif, mais elle n'a pas de place dans le débat sur V1. Parler une langue commune universelle oui, à condition que tout le monde la maîtrise, et c'est là que ça coince, des deux côtés du micro... Au-delà de l'anglais en France qui cristallise beaucoup de conflits latents à la fois chez les pilotes et les contrôleurs, obliger les Russes à parler entre eux par exemple, cela augmenterait la conscience de la situation des pilotes étrangers certes, mais diminuerait fortement celle des pilotes russes. L'un dans l'autre est-ce une réelle augmentation de la sécurité ? Le débat est ouvert et il est plus complexe qu'il ne parait de prime abord. J'avais en arrivant dans l'aérien une idée très arrêtée sur le sujet, j'ai nuancé mon point de vue après quelques années de pratique... Une chose est sûre, il faut de la formation, encore de la formation, toujours de la formation et hélas on est loin du compte...