Plus sérieusement, et pour appuyer les dires de Banban sur la nécessité de se préparer à la sélection, je renfonce le clou : oui il est très utile, mais alors vraiment très utile (!!!!!!!) de se procurer les logiciels Pilaptprep et Cockpitweb pour se préparer.
Cette question "faut-il ou non se préparer ?" est un vieux serpent de mer.
Personnellement, la motivation était telle que pas une seconde je ne me suis posé la question : est-ce utile ou non ?
Les gens qui vous disent : "non, cela ne sert à rien", soit sont exceptionnellement brillants, soit sont exceptionnellement amnésiques, soit sont extraordinairement menteurs, soit ont un quelconque intérêt à ce que vous vous plantiez.
En tous cas si je peux vous donner un conseil : ayez la sagesse de les écouter le moins possible.
Préparer CTC, cela veut dire prendre des contacts (ils sont légion sur ce forum), savoir grosso modo les écueils à éviter en entretien, et bien sûr connaître un minimum le style de tests auquel on va être mangé.
3 sélections de pilotes de ligne (ENAC, cadets Air France, CTC) dont la dernière a finalement abouti, alors que je suis plus près de la tombe que jamais, m'ont intimement convaincu que dans ce milieu, si tu ne prépares pas sérieusement ton affaire, tu es un inconscient qui part, pantalon garance et en plein découvert, à l'assaut d'une colline dont le message d'accueil est une rafale de 12.7 mm dont tu seras, dans une microseconde, la cible probable.
Je n'ai aucune honte à dire que moi aussi, je pense que je me serais bien planté sans un minimum de préparation.
En 1993 lorsque j'ai passé l'ENAC, j'ai eu la chance de faire partie des admissibles, et pense ne m'en être pas trop mal tiré pour les épreuves de maths, physique et anglais. Dans l'hôtel où je créchais, la veille des tests psychotechniques, j'ai sympathisé et dîné avec quelques autres candidats : j'ai alors découvert, à ma grande stupéfaction, et à une époque où internet n'existait pas, que la moitié d'entre eux connaissait déjà les tests auxquels nous serions confrontés le lendemain. Rien dans le programme officiel du concours de l'ENAC ne laissait supposer qu'une telle préparation était possible.
Je suis tombé à la renverse en entendant cela. L'IAP à Paris, à l'époque une toute petite structure, proposait à prix coûtant des séances de préparation aux tests. Jamais entendu parler de l'IAP, ni dans une revue aéro, ni ailleurs.
Certains appelleront cela un "délit d'initiés", et je ne rentrerai pas dans la polémique ici. Mais bon...
Le lendemain, après l'affichage de la liste des gens admis à poursuivre, sur la porte du centre de sélection, j'ai bien sûr compris que je pouvais faire ma valise. Mais j'avais bien les boules, de chez les boules !!!
Alors quand, bien des années plus tard, et après une longue période qui m'a interdit l'accès à ce métier pour raisons ophtalmo, j'ai pu à nouveau candidater, via cette fois les "cadets d'Air France", je ne me suis pas une seconde posé la question. J'ai fait comme TOUT LE MONDE fait, je suis allé contre fortune bon coeur faire un chèque à l'IAP et à l'ILIA pour me préparer sérieusement aux tests.
Et pour les KD, j'ai eu la chance d'aller jusqu'aux entretiens, et je peux vous assurer que 90 pourcents des gars qui étaient arrivés jusque là s'étaient préparés.
Un Centralien dont les yeux brillaient d'intelligence derrière ses lunettes de taupin de Louis-le-Grand s'est magistralement planté et m'a avoué qu'il ne connaissait absolument pas ces instituts de préparation. Je pense que ce monsieur était mille fois plus intelligent que moi, et pourtant il n'a pas passé le cap de la première journée de tests à Villepinte.
Les tests de sélections CTC ne sont pas les mêmes que ceux d'Air France ou de l'ENAC, mais s'en rapprochent beaucoup par pas mal d'aspects. La séquence est la même : dossier de candidature avec communication de votre cursus, puis sélection "step by step" en 4 étapes, avec le classique cocktail tests psychotechniques + psychomoteurs (Pilapt) + entretiens de groupe + entretiens individuels.
Alors aucune hésitation : faites, refaites, et refaites encore du Pilaptprep et (ou) Cockpitweb, lisez les pages de ce forum, allez vous ballader sur pprune, et n'hésitez pas à poser des questions à ceux qui sont passés par là.
Et par rapport aux KD Air France ou l'ENAC, je pense qu'il y a un avantage pour les Français, paradoxalement, même si la langue est clairement une difficulté majeure : c'est que, même si tous les Anglais connaissent pilapt par pprune, beaucoup y vont la fleur au fusil, malgré la motivation. Je ne généralise pas, mais j'ai eu un peu cette impression.
Ici le travail ne manque pas et perso j'en bave pas mal (amazing ! good fun !), surtout à l'approche de deux échéances quasi simultanées : premier test en vol + premier retour en Europe pour les premiers certifs ATPL dans un peu plus de deux semaines, mais si vous avez des questions, je suis prêt à vous passer des infos, tout comme Vincent, Stanislas et Alban le sont également.
N'attendez pas une réponse forcément dans l'heure, car parfois je reçois une avalanche de questions en mp et là je ne gère plus rien. Mais je me souviens avoir été aidé par des mecs extra (Jérémy, Vincent, Alban, etc...) donc je dois bien cela aux nouveaux...
Désolé j'ai encore été trop long...
BON COURAGE et... le jeu en vaut la chandelle. Si vous voulez vous en convaincre, je vous conseille d'aller voir le dernier post de Jérémy sur son blog :
http://www.elevepilote.blogspot.com
Petit coup de pub au passage, et je ne touche aucun royaltie.
Cyrano.