CAVOK sur la plupart des METAR de Bretagne en me réveillant ce matin vers 6h. Tant mieux, car aujourd'hui est un grand jour (en plus d'être un 15 Aout), aujourd'hui comme tout élève PPL je fais ma grande nav solo !!! Oui, celle d'au moins 150 nm avec 2 atterrissages complets sur des terrains à l'extérieur. En l'occurence, le parcours prévu est Lorient-St Brieuc-Rennes-Lorient, soit en tout 182 nm. Départ prévu à 9h.
Pour le retour on verra, j'ai l'avion jusqu'à 15h mais la CTR de Lorient ferme de 12h à 13h30 loc (créneau sieste pour les militaires...) donc je rentre soit avant soit après. Je suis plutôt confiant pour arriver à rentrer avant.
J'ai le DR220 F-BOKG (celui sur mon avatar, le DR221 F-BOZK, étant en GV 2000h), qui vole plutôt bien quoi qu'on en dise une fois en palier. Je compte monter au FL055 sur mes deux premières branches, et au 65 au retour.

Arrivé au club, je retrouve un ami qui vole sur le DR400 en même temps que moi. Purge, plein pour tout les 2, j'ai ainsi 4h30 d'autonomie. J'aime bien partir tôt le matin quand il n'y a encore personne au club, ça a son charme. La plupart des TAF prévoient du SCT vers 2000 ft, et les TEMSI donnent des stratus localement sur les terres. Rien de bien méchant, mon instructeur me signe mon autorisation sur mon carnet.
Le moteur démarre au quart de tour, aéromodélisme en cours me dit l'ATIS (qui a lieu avant le seuil 20 sur une partie condamnée de la piste), le vent étant calme je demande quand même sans grand espoir la 02 pour gagner un peu de temps, pas possible me répond le monsieur dans sa tour.
Roulage et essais moteur sans histoire, alignement décollage 25, je rappele NL, j'ai demandé 2500 ft initialement.
Virage droite vers la vent arrière, et la je me rends compte que quelque chose ne va pas : le conservateur de cap est resté au 255°, QFU de la piste 25, alors que je suis maintenant au 70°. Je bidouille le bouton de réglage, ah il est resté enfoncé ! Mais lorsque je le relâche, il se renfonce, ah ok. Donc gyrocompas hors service. Mouai....
Et là je remarque aussi que malgré que j'ai réglé le VOR sur 108.15 fréquence de l'ILS, le drapeau NAV est présent. Là aussi je coupe je rallume, j'essaye le VOR d'ARE, rien la barre ne bouge pas d'un poil. Par contre si je monte le volume du VOR j'entends le morse. ok... Dommage, je m'étais amusé à relever des flanquements VOR partout et j'ai prévu d'utiliser le VOR de REN en rapproche/éloignement sur 2 des 3 branches. Bon...
Il faut prendre une décision. Le gyro n'est pas obligatoire, ni le VOR si je ne suis pas on top, et à priori il n'y a rien de plus que du SCT sur mon parcours. Je décide de continuer et demande le FL55, approuvé avec l'approche 123.0.
Pour tout arranger, la jauge d'essence est à 0. Enfin en dessous de 0 même. Là si j'en crois les graduations j'ai -10L. Ça c'est plus chiant. Devant le moteur tourne rond. Mais je connais l'avion et j'ai déjà vu l'aiguille du jaugeur se balader de vide à plein, donc je ne suis pas vraiment inquiet, je suis presque sur que c'est le jaugeur. Je secoue l'avion et l'aiguille remonte par intermittence, ouf.
Début de nav un peu difficile sans cap, je reconnais à gauche un patelin que je devais laisser à droite, je rattrape le coup. Heuresement les repères ne manque pas : éoliennes, forêt de Quénécan, le lac près de Mur-de-Bretagne. Au loin l'horizon est tout de même bien barré.

Banc de stratus/brume à gauche

Le gyrocompas et le VOR, inanimés. Je ne sais pas ce que j'étais en train de faire à ce moment pour que la bille soit autant à droite.

Forêt de Quénécan

Mûr-de-Bretagne

Ça a quand même des allures de traversée du désert par moment (ben quoi, j'ai pas de G1000 moi). Heuresement, la mer se profile au loin.

Jauge d'essence à 0. Une vision qui me donnerait sûrement des sueurs froides si je ne connaissais pas l'avion.

Baie de St Brieuc. L'appel du large m'a guidé jusque là. Pour Rennes, il faudra trouver autre chose.

C'est quand même bien couvert par endroit :

Heuresement, je vois le sol sous mes ailes.

L'AFIS est ouvert, après être passé par la verticale je rejoins donc directment le milieu de vent arrière main droite piste 24. Atterrissage puis roulage parking club. J'appelle mon instructeur qui me dit que si je le sens bien je peux continuer ainsi. Cette première branche ne m'ayant pas posé de soucis, je continue.
KG à Saint Brieuc

Surprise, ici aussi ils ont un DR220. Avec semble-t-il, des vitres un peu plus grandes que le miens.

J'en discute un peu avec le mécano du club, très sympa. Il me tamponne mon carnet de vol et je repars pour Rennes.
Contournement de la ville par le sud et montée au dessus des nuages, mais après avoir pointé mon nez au dessus de la couche, ça m'a l'air bien baché et je préfère redescendre à 2000 ft pour passer dessous.
Pour le coup je slalome entre les nuages et me perd un peu, on est quand même facilement désorienté quand on ne peut pas juste jeter un œil au directionnel pour connaître son cap. Je me retrouve plein nord sans le vouloir, et l'approche me demande jusqu'où je compte suivre la côte avant d'obliquer vers Rennes, après explication je suis l'autoroute qui constitue un bon repère et j'ai toujours su ou j'étais après avoir commencé à la suivre.
Pas de photo sur cette branche, sous la couche il y avait quand même quelques turbulences et je préférais garder les commandes en main. En arrivant sur Rennes je me rends compte que je n'aurai que peu de temps si je veux être à Lorient à midi, je n'aurais pas dû trainer à Saint Brieuc.
J'intègre en vent arrière 28 et décide de toucher au peigne pour pouvoir dégager par le 2ème taxiway, Bravo, ce qui me laisse environ 440m. Pas forcément évident quand on est habitué à 2400m qu'on dégage par le milieu. Toutefois cela ne servira à rien car bien que j'arrive à être vitesse contrôlé et prêt à tourner sur B la tour me dit de prendre la 2ème gauche, donc C. Effectivement, un avion roule pour B...
Roulage pour 9K devant la tour. J'ai de la chance, le CRJ1000 F-HMLA, le seul avion aux couleurs Brit Air, est là.

En allant vers l'aérogare

Je demande au gars des ops s'il peut me tamponner mon carnet mais non. Donc je sors dans l'aérogare pour aller à l'aéroclub en face dans lequel il n'y a personne. Finalement je finis au truc information de l'aérogare.
C'est pour retourner au parking que les ennuis commencent, déjà je ne vois pas pourquoi je dois passer par la sécurité comme un simple pax, si je veux détourner mon avion j'ai pas besoin d'arme. M'enfin passons. Ensuite j'ai eu le malheur de laisser mon portefeuille dans l'avion, un gendarme m'y accompagne et me dit qu'il en profitera pour contrôler l'avion, que ça ne durera pas plus de 5 minutes. Donc passage par l'avion ou je prends mon porte feuille et le carnet de route dans lequel il y a tous les certificats et puis retour au poste de gendarmerie.
Je ne pensais pas qu'il y avait autant de papier, je les avais déjà survoler par curiosité mais jamais dans le détail. Certificats de navigabilité, d'examen de navigabilité (ou un truc du genre), d'immatriculation, licence de station d'aéronefs, fiche de pesée, assurance. Tout y passe. Heureusement que je n'ai pas oublié le carnet de route.
La chose se complique tout de même car je n'ai pas de licence, seule l'autorisation signée sur mon carnet me sert de licence. Le cas est donc grave et mon vaillant gendarme (un jeunot entre 25 et 30 ans) en réfère à son supérieur qui vient inspecter lui même ce cas particulier. Mis à part quelques remarques sur mon écriture (il a cherché un de mes vols précédents sur cet avion dans le carnet de route pour vérifier la corrélation entre les 2 carnets) tout se passe bien sauf qu'il est 11h40 et que je ne peux surement pas être à Lorient à midi.
Coup de fil à mon instructeur qui téléphone au bureau de piste à Lorient et me négocie une entrée dans la CTR à partir de 13h15. Tout calcul fait je dois décoller de Rennes à 12h40. Pour passer le temps je coince l'antenne de ma VHF avec la portière et écoute l'approche et la tour. Pas d'activité sur le terrain à part les légers des clubs locaux. Bof, le temps passe assez vite finalement, je décolle à 46.
KG à Rennes

Décollage en 28, montée FL65 approuvée. Mixture réglée, on est bien là-haut.
Plélan-le-Grand et la forêt de Paimpont derrière ainsi que la D506, sans cap ni radiale de garde il va falloir faire d'autant plus attention pour ne pas rentrer dedans.

Le terrain de Ploermel LFRP par lequel j'ai prévu de passer vertical. Je n'ai qu'une minute de retard par rapport à mes estimée depuis le décollage.


à droite Pontivy, j'entre dans la TMA de Lorient.

Puis arrivée sans histoire, j'ai pu me poser en 20, les aéromodéliseurs (c'est comme ça que ça se dit?) devaient casser la croûte. Petite satisfaction personnelle quand même d'avoir pu faire ce vol avec un équipement limité même si ce n'est pas grand chose.
J'espère que ça vous plu, il y a pas mal de photo, désolé pour les éventuels ralentissements.