Témoignage d'une formation non achevée
Posté : 16 juin 2012, 15:41
Voici près de 2 ans que je n'ai rien posté sur le forum, qui m'avait à l'époque largement éclairé sur le métier de pilote et les arcanes de sa formation. A défaut de m'y exprimer, il m'arrive bien d'y trainer à l'occasion. Je me permet une brève incursion pour faire partager ma modeste expérience de formation "non achevée" afin, je l'espère, d'aider les plus débutants, et pourquoi pas quelques plus anciens, à élargir leurs horizons aéronautiques.
A l'issu de mon PPL, il y a 5 ans, j'ai décidé de m'engager dans la (douloureuse) voie professionnelle à l'âge de 32 ans. Le marché était un peu meilleur qu'aujourd'hui, même s'il les effluves de l'avenir commençaient à embaumer l'atmosphère. Conscient de mon âge avancé, conscient de mes contraintes (famille, travail) j'ai muri ma réflexion quelques mois, pour finalement établir ma feuille de route : Ce sera un ATPL théorique, dans la foulée le CPL puis une nouvelle étude du marché. Si glop, je tentais la suite jusqu'à la MCC et si pas glop, ce serait le FI et basta.
Travaillant déjà dans un autre domaine, j'ai pu me financer sans emprunt. En un peu plus d'un an j'ai bouclé l'ATPL, à distance et en Anglais, passionnante année dont l'investissement, fut-il de temps ou d'argent, a été largement récompensé par le plaisir d'étudier l'aéronautique d'aussi près. Tous certificats validés, il me restait une demi année avant de rentrer en formation CPL, mis à contribution pour valider les FCL 1.200 et 1.028IFR, et commencer à potasser le TOEFL, des fois que...Entre temps le marché de l'emploi est vraiment passé dans le rouge.
Le CPL, fait en France dans une petite FTO, s'est avéré bien plus court, bien plus cher, mais tout aussi passionnant. 4 semaines et demi de CAVOK plus tard, je repartais avec mon titre de pilote pro en poche, remonté comme une pendule pour me lancer sur l'IFR. Un mois de murissement a bien été nécessaire pour tempérer mes ardeurs et revenir à mon projet initial. Il est évident que la suite devenait hasardeuse. Repéré par mon aéroclub, j'ai été soutenu à fond pour bénéficier d'une liste 1. Sorti du SEFA il y a quelques mois, je suis à présent instructeur.
J'ai abandonné l'idée de voler en ligne. Cela m'a pris du temps, non pas de renoncer, mais d'accepter ma décision. Dans ma fougue initiale, j'ai du introduire de la sagesse et tenir compte de tous mes paramètres :âge, famille, difficulté de m'expatrier en UK pour la fin de la formation, le coût élevé de la fin de la formation, état du marché aléatoire. Au terme de cette longue quête, l'aéronautique m'a étonnamment réconcilié avec mon métier, qui m'offre du temps libre pour voler et mes autres passions, pour un salaire décent, dans une région que j'aime, et près des miens.
Je suis un instructeur heureux. Je vole plusieurs fois par semaine. Ma tache est passionnante techniquement et d'une richesse humaine insoupçonnée. Je ne serais certes pas TRE un jour, mais pourquoi pas instructeur montagne, largueur de para, FE, instructeur pro, tireur de planeur, pilote de rallye ou de précision, voltigeur et que sais-je encore...
Le bonheur de voler n'appartient qu'à soi-même et ne dépend pas du MTOW, n'en déplaise aux rigolards, prétentieux, frustrés et autres trolls. Il n'y a pas qu'une voie en aéronautique, il y en a une infinitude. Chacun doit passer par sa propre expérience, car elle ne pourra jamais se substituer à celle des autres. Il faut bien sûr être un peu fou à certains moments, croire à ses rêves, et s'en donner tous les moyens. Il faut simplement fixer une seule limite : le Point de non-retour.
Amitiés aéronautiques
Manu
A l'issu de mon PPL, il y a 5 ans, j'ai décidé de m'engager dans la (douloureuse) voie professionnelle à l'âge de 32 ans. Le marché était un peu meilleur qu'aujourd'hui, même s'il les effluves de l'avenir commençaient à embaumer l'atmosphère. Conscient de mon âge avancé, conscient de mes contraintes (famille, travail) j'ai muri ma réflexion quelques mois, pour finalement établir ma feuille de route : Ce sera un ATPL théorique, dans la foulée le CPL puis une nouvelle étude du marché. Si glop, je tentais la suite jusqu'à la MCC et si pas glop, ce serait le FI et basta.
Travaillant déjà dans un autre domaine, j'ai pu me financer sans emprunt. En un peu plus d'un an j'ai bouclé l'ATPL, à distance et en Anglais, passionnante année dont l'investissement, fut-il de temps ou d'argent, a été largement récompensé par le plaisir d'étudier l'aéronautique d'aussi près. Tous certificats validés, il me restait une demi année avant de rentrer en formation CPL, mis à contribution pour valider les FCL 1.200 et 1.028IFR, et commencer à potasser le TOEFL, des fois que...Entre temps le marché de l'emploi est vraiment passé dans le rouge.
Le CPL, fait en France dans une petite FTO, s'est avéré bien plus court, bien plus cher, mais tout aussi passionnant. 4 semaines et demi de CAVOK plus tard, je repartais avec mon titre de pilote pro en poche, remonté comme une pendule pour me lancer sur l'IFR. Un mois de murissement a bien été nécessaire pour tempérer mes ardeurs et revenir à mon projet initial. Il est évident que la suite devenait hasardeuse. Repéré par mon aéroclub, j'ai été soutenu à fond pour bénéficier d'une liste 1. Sorti du SEFA il y a quelques mois, je suis à présent instructeur.
J'ai abandonné l'idée de voler en ligne. Cela m'a pris du temps, non pas de renoncer, mais d'accepter ma décision. Dans ma fougue initiale, j'ai du introduire de la sagesse et tenir compte de tous mes paramètres :âge, famille, difficulté de m'expatrier en UK pour la fin de la formation, le coût élevé de la fin de la formation, état du marché aléatoire. Au terme de cette longue quête, l'aéronautique m'a étonnamment réconcilié avec mon métier, qui m'offre du temps libre pour voler et mes autres passions, pour un salaire décent, dans une région que j'aime, et près des miens.
Je suis un instructeur heureux. Je vole plusieurs fois par semaine. Ma tache est passionnante techniquement et d'une richesse humaine insoupçonnée. Je ne serais certes pas TRE un jour, mais pourquoi pas instructeur montagne, largueur de para, FE, instructeur pro, tireur de planeur, pilote de rallye ou de précision, voltigeur et que sais-je encore...
Le bonheur de voler n'appartient qu'à soi-même et ne dépend pas du MTOW, n'en déplaise aux rigolards, prétentieux, frustrés et autres trolls. Il n'y a pas qu'une voie en aéronautique, il y en a une infinitude. Chacun doit passer par sa propre expérience, car elle ne pourra jamais se substituer à celle des autres. Il faut bien sûr être un peu fou à certains moments, croire à ses rêves, et s'en donner tous les moyens. Il faut simplement fixer une seule limite : le Point de non-retour.
Amitiés aéronautiques
Manu