Tout à fait d'accord avec piperush. Tu as des réponses différentes parce qu'il n'y a pas une bonne réponse. C'est une question de circonstances précises. L'instructeur qui t'as dit, le jour J, que ça le faisait, l'a probablement fait en connaissance de cause, sachant où tu volais, ton expérience, et voyant ce qu'il en était réellement autour du terrain et pas juste sur un message météo... il a eu raison. L'instructeur qui un peu plus tard t'as dit que tu n'aurais pas du le faire, a peut-être lui aussi eu raison par rapport aux éléments dont il disposait.
Parfois chacun donne son avis, c'est très bien, mais c'est assez embêtant d'avoir deux avis totalement opposé ! Donc c'est pourquoi aujourd’hui je dis que je ne sais rien, et que je pose la question.
Dis au jeune instructeur d'aller en discuter avec l'autre qui était là le jour J et ils trouveront sans doute un terrain d'entente qui te permettra de comprendre pourquoi cette différence d'opinion et d'en tirer des leçons.
l'excès de prudence n'est jamais critiquable, mais je ne suis pas convaincu que cela améliore la sécurité.
C'est surtout irréaliste. Il faut nécessairement sortir de sa zone de confort pour améliorer ses compétences, le tout est de le faire de façon intelligente et sans se mettre en danger. Le fait d'avoir consulté un instructeur ce jour-là me semble plutôt sage.
J'ai déjà entendu de la part de breveté : "Je n'ai jamais volé par 12kt de vent et ne le ferais jamais, au dela de 12 c'est dangereux et ce n'est pas pour moi"
Oui certes c'est prudent de sa part, mais est-ce vraiment nécessaire d'en arriver jusque la ?
C'est totalement débile, le jour où le gars rentre de local et que le vent s'est levé et qu'il doit se poser avec 20kts, là il se mettra en danger. Alors qu'avec un peu de pratique (quitte à le faire avec un instructeur là encore) on peut aller chercher les limites de vent démontré de l'avion sans problème et en définir une limite personnelle en conditions standard qui soit raisonnable sans avoir peur de ce qui se trouve au-delà...
Encore une fois, je ne demande pas s'il est prudent ou non de voler dans ces conditions, mais est-ce faisable ? Sous quels conditions ? Avec quel précautions ?
C'est toujours bon à savoir.
C'est avant tout une question d'environnement (cf message piperush). J'ai volé en avion léger dans toutes les conditions possibles et imaginables, de jour, de nuit, dans des grains tropicaux, dans le cisaillement, en montagne ou en plaine, à proximité de CB ou dans le brouillard, dans des zones désertiques ou ultra denses, à haute altitude ou en radada, aux limites de perfo... j'ai pu parfois me faire quelques frayeurs, j'en ai généralement tiré des leçons mais jamais des règles intangibles. Quand tu as un doute et que tu peux te permettre de dire non sans trop te justifier, l'expérience ne fait que renforcer la conviction qu'il est préférable d'être au bar que d'être là-haut dans la crasse. Mais ça, quand tu es pilote pro, ça ne vient qu'avec une bonne dose d'expérience - quand tu es dans une position dans laquelle personne ne peut remettre en question ta compétence et tes décisions. Pas toujours évident. Quand t'es privé c'est plus simple sur ce plan, mais il reste quand même quelques facteurs de pression potentiels.
Quelques pistes toutefois d'éléments décisifs :
1/ connaissance de ta machine
2/ connaissance de ton état personnel (fatigue stress pressions...)
3/ connaissance de ton environnement et de ses particularités météo
4/ connaissance de la réglementation qui mine de rien donne des limites qui sont parfois pas si bêtes
5/ maîtrise générale du pilotage aux limites de ton avion
6/ gestion de la charge de travail, des pax, capacité à ne pas se laisser submerger quand ça se complique
7/ expérience préalable dans des circonstances similaires (attention piège, ça peut être traître)
8/ une bonne dose de bon sens paysan n'est jamais mauvaise
9/ l'humilité et la recherche de l'expérience d'autres pilotes ne peut qu'alimenter utilement tes réflexions et tes décisions
10/ la capacité à garder du recul sur la situation et toujours, toujours, toujours avoir un back up, une solution de repli, un plan B. TOUJOURS.
Les seuls cas dans lesquels en sortant de l'avion je me suis dit "là j'ai déconné", c'est quand je me suis mis dans une situation où j'avais plus le choix, il fallait que ça passe, et ça dépendait de facteurs que je ne maîtrisais plus. Tu dois toujours tout faire pour éviter de te retrouver dans une impasse. Et ça peut venir très vite...
Par ailleurs, être capable d'admettre à un moment donné qu'on est sorti du cadre maîtrisé et demander de l'aide extérieure, ça aussi, ça peut sauver des vies.
Alors la réponse à ta question ? J'en sais rien. Un cunimb isolé en plaine à côté de mon terrain habituel, oui je pense que j'y vais sans problème (pas dessous hein, mais en local). Un cunimb isolé au milieu de la Corse au mois d'août en décollant de Corte ? Il est urgent de rester au bar. Entre les deux ? passe en revue la liste ci-dessus et conclus toi-même
