SR72 a écrit : ↑12 oct. 2021, 15:44
Je suis surpris. Sur ma licence allemande, j'ai un level 6 en Français par équivalence de mon PPL français, ainsi qu'un level 5 en Anglais que j'avais passé en France avant de faire ma conversion. Je n'ai pas d'équivalence en Allemand car sur mon certificat de test en vol, mon examinateur a coché la case indiquant que le test a été réalisé en langue anglaise. Selon moi, quel que soit le pays de l'EASA, je ne peux parler que Français ou Anglais à la radio, mais pas Allemand.
Pour obtenir une compétence linguistique en Allemand, mes camarades germanophones passaient un examen de radiotéléphonie spécifique à la LBA: BZF pour les VFR, AZF pour les IFR.
Je faisais référence à une licence émise par la DGAC...
Concernant les allemands, il n'y a pas si longtemps que ça, ils n'acceptaient pas d'apposer des compétences autres que Anglais et Allemand dans leurs licences (je tiens cela par des témoignages anecdotiques). Et encore aujourd'hui, je n'ai pas entendu dire que tu puisses apposer une compétence linguistique allemande sur une licence délivrée par la France. Cela dit, il y a eu un changement dans FCL.055 en Novembre 2019. 2 choses ont changées:
La formule suivante a été rajoutée:
FCL.055 a) a écrit :and it shall be obtained in accordance with a procedure established by a competent authority.
et non pas "
the competent authority", donc
n'importe quelle autorité compétente.
Et la formule suivante:
FCL.055 e) a écrit :The demonstration of language proficiency and the use of English for IR or EIR holders shall be done through a method of assessment established by the competent authority.
a été remplacée par
FCL.055 e) a écrit :The demonstration of language proficiency and the ability to use English for IR or EIR holders shall be done through a method of assessment established by any competent authority.
Autrefois les autorités nationales ne reconnaissaient pas les examens de compétences linguistiques faits par des autorités étrangères. On pouvait avoir un niveau 6 en Anglais sur une licence suédoise, et en la transférant en France, la DGAC ne donnait que le niveau 5. J'en ai moi-même été victime lorsque mon examen d'Anglais passé auprès de la DGAC n'a pas été accepté par mon autorité compétente (Norvège).
Avec ce changement, les autorités compétentes doivent reconnaitre les niveaux d'Anglais attribués par d'autres autorités, selon la méthode d'évaluation qu'ils ont choisie. Et avec ce changement je n'exclue effectivement pas que lors de transferts de licences d'une autorité à une autre, on puisse garder des compétences en langues "étrangères". Si celles-ci ne sont pas de niveau 6, on risque de les perdre lorsqu'elles arrivent à échéance... à moins de ne trouver un moyen de les renouveler.
Il y a un autre aspect à ne pas négliger. Certains pays délivrent un certificat d'opérateur radio indépendamment de la licence de pilote. Il y a des réglementations qui relèvent de l'autorité des fréquences. C'était le cas en Norvège autrefois, et il me semble que c'est le cas en Allemagne. Cela ne relève pas de FCL.055 et ne change en rien le fait que si on a la compétence en langue Anglaise sur sa licence, on peut légalement parler Français, Allemand, Hongrois, Espagnol, Italien... si on maîtrise ces langues.
SR72 a écrit : ↑12 oct. 2021, 15:44
Selon moi, quel que soit le pays de l'EASA, je ne peux parler que Français ou Anglais à la radio, mais pas Allemand.
Relis FCL.055 jusqu'à ce que tu sois convaincu du contraire. Il faut être très ouvert d'esprit pour faire fi de ses à-prioris.
SR72 a écrit : ↑12 oct. 2021, 15:44
Quant au contrôle de la BGTA, je doute qu'ils iront jusqu'à vérifier la compétence linguistique... pour ma part, sur les quelques contrôles que j'ai eus, au niveau des papiers du pilote ils regardaient juste la date de validité de licence et médical...
Comme quoi ils s'en foutent... et c'est exactement les propos tenus par un représentant de la DGAC qui m'ont été rapportés. C'est pourtant assez facile. On est sur un aérodrome "FR-seulement", le pilote a une licence délivrée par une autorité étrangère, tiens, peut-être faudrait-il vérifier la compétence linguistique? Quelqu'un qui se débrouille bien en Allemand, qui se pose sur un aérodrome "DE-seulement", ou se débrouille bien en Français et se pose sur un aérodrome "FR-seulement" et se prend un PV pour ça doit immédiatement le contester en référence à FCL.055 en faisant appel à l'aide juridique FFA ou AOPA. Et jusqu'à présent, je n'ai jamais vu aucune évidence comme quoi cela s'est produit. Toutes les anecdotes que j'ai entendues ont par la suite été réfutées.
La DGAC s'en fout au point où si en tant qu'étranger on est capable de passer le PPL en France et se débrouiller à la radio, à ma connaissance on obtient la compétence en langue française niveau 6, d'autant plus que toujours à ma connaissance, ils ne proposent aucun examen de renouvellement de la qualification en langue française.
Il faut garder en tête que l'exigence de compétence linguistique (en Anglais) est une exigence
OACI qui a été implémentée dans le règlement Aircrew par le FCL.055. Avant, il n'y avait aucune compétence linguistique formellement requise, ni en Anglais, ni dans d'autres langues. Il y avait la phraséologie, en général dans la langue officielle du pays, point barre. L'objectif de cette règle est que les pilotes qui volent à l'étranger aient une maîtrise suffisante de la langue aéronautique mondiale: l'Anglais.
Aux US, pays OACI, il n'y a encore aucun examen de compétence en langue anglaise. C'est l'examinateur (DPE, AST, ASI) qui décide si oui ou non tu parles suffisamment bien l'Anglais. Sois tu as le niveau (6), sois tu ne l'as pas.
Et maintenant, certains pays, comme la Belgique et la Norvège, ont complètement abandonné la phraséologie dans leur(s) langue(s) nationale(s) au profit de l'Anglais. La Suisse a essayé de faire pareil.