Sylvain Bugeot a écrit : ↑26 août 2022, 11:31
J'ai du coup une seconde question : quel taux de réussite (inscrits / diplômés) affichent ces écoles privées généralement, en France notamment, d'après vous ? Ne me répondez pas de leur poser la question

Arrive t'il qu'un aspirant pilote, dont l'accès aux formations d'Etat est impossible (conditions d'accès, niveau en maths,...) s'inscrive aux formations privées, mais ne parvienne pas à suivre et décrocher son diplôme, malgré la sélection et les conditions d'entrée ? Y a t'il des témoignages de personnes dans ce cas qui "n'ont pas réussi" ? Sait-on pour quelles raisons ? Y a t'il des chiffres pour ne pas tomber dans le cas "isolé" ?
Bonjour,
C'est extrêmement variable, en fonction:
- de l'école, qui a éventuellement des rapports privilégiés avec une compagnie d'aviation d'affaire par exemple, ou même un programme qui "facilite" l'accès à un poste en ligne, sans pour autant garantir un 100% de réussite (mais disons que ça aide)
- du candidat, qui a peut-être déjà un bon réseau dans l'aéro et accèdera plus facilement à un job ensuite ; mais aussi de l'argent dont dispose le candidat en fin de formation, pour s'offrir une sélection payante type Ryanair (30k€ à sortir pour bosser chez eux en ce moment) ou en aviation d'affaires (QT à 20-25k€ généralement, la plupart du temps à financer par le candidat sélectionné pour gagner ensuite un salaire qui dépasse rarement les 1500€ net au début)
- de la période: en ce moment, l'embauche en sortie d'école est très faible mais ça commence à remonter, mais en 2019 ça embauchait très rapidement en sortie d'école
Attention aux écoles qui affichent un taux de réussite à 95-98% ou plus: il faut voir ce que font les élèves après réellement (est-ce qu'ils vivent de leur boulot ? c'est rare quand on début dans l'aérien...), et à quelle échéance.
Généralement, tout le monde va réussir les examens (CPL, IRME...), car si l'école te présente c'est que tu as le niveau, parfois il faut faire quelques heures en plus mais au final il y a quasiment 100% de réussite aux examens. Derrière, il y a quand même pas mal de chances de trouver un boulot, mais ça va prendre du temps, de l'argent, et certains n'auront pas les moyens de continuer à maintenir leur expérience en attendant et vont tout simplement abandonner après plusieurs années d'échecs ou de galère financière.
Comme dit précédemment, la manière la plus sûre d'avoir un job c'est de réussir les cadets AF, ou faire une formation réellement en partenariat avec une compagnie (type MPL, où tu as signé ton contrat de copi avant même de démarrer la formation - à condition qu'un COVID ou une faillite de la compagnie ne vienne pas mettre le bazar là-dedans...). Ensuite, il y a l'ENAC, reconnue comme une formation d'excellence par beaucoup de compagnies et qui facilite pas mal l'accès à un cockpit (Air France ou autre). Et après, dans les formations privées, il faut se battre beaucoup plus surtout en période de crise, mais c'est loin d'être impossible. Mes amis qui ont fait une formation privée juste avant le COVID ont généralement débuté par de l'instruction, du largage para, toutes sortes de travaux aériens qui leur permettaient tout juste de rembourser leur prêt bancaire. Maintenant que ça réouvre et qu'ils ont 1000, 1500h de vol ils commencent à trouver du boulot comme copi en ligne ou en affaire. D'autres ont eu un peu plus de chance, se sont retrouvés au bon endroit au bon moment (et sont bons, quand même, c'est important) et sont passés directement à droite sur un light jet.
Bon courage,
Sylvain