Salut
Je suis à l'aéroclub de l' Hérault et j'ai passé mon test la semaine dernière sur un DA20
Mes souvenirs sont encore tout frais donc je vous met un max de détails, car en lisant les comptes rendus d'examen des autres ça m'a permis de bien me mettre en confiance car j'appréhendais pas mal le test.
Mon examinateur m'avait demandé de préparer 2 nav :
Montpellier - Millau - Avignon - Montpellier
et Montpellier - Avignon - Aubenas - Montpellier
J'appréhendais un max la nav sur Millau parce que bien souvent il fait pas beau de ce côté et pour s'y rendre il faut traverser plein de zones R incluses les unes dans les autres : c'est un vrai merdier. J'ai prié pour qu'elles soient inactives. La nav sur Aubenas paraissait plus simple car impossible de se perdre : il suffit de suivre le Rhône et de se repérer grâce aux fumées des centrales nucléaires qu'on peut voir de très loin. En tout j'ai mis 2heures pour préparer chaque log en anticipant les aérodromes de déroutement, en prévoyant des recoupements au VOR à tous les points de passage, ... le tout à l'ancienne car mon instructeur apprécie pas les log faits par ordi.
La veille de l'examen, énorme soulagement sur le site de la SIA : pas d'AZBA pour le lendemain.
Et à la météo : ciel dégagé prévu mais vent fort dans la vallée du Rhône.
Le jour de l'examen : réveil à 05h30, départ de la maison à 06h30, arrivée au club à 07h00 pour préparer la machine pour être en mesure de partir à 09h00.
J'ai donc tout mon temps pour tout préparer, faire le plein d'essence, astiquer la verrière, faire la prévol, imprimer les météos et NOTAM, etc.
Mais avant ça, survient le premier drame : mon avion est rangé tout au fond du hangar : pour le sortir sur le parking je dois d'abord sortir les 5 autres avions. C'est la grosse misère : les avions ont une grande envergure, les portes du hangar sont étroites et personne pour m'aider. Un conseil : la veille passez un coup de téléphone à votre club pour qu'on vous range votre avion en dernier ou vous risquez de perdre 20minutes comme moi et en + ça met pas en confiance.
Ensuite arrive mon examinateur. Il a l'air plutôt sympa mais assez carré et pas trop souriant. Il me demande une pièce d'identité, me fait signer des papiers etc. Il me montre la feuille d'examen avec toutes les épreuves à effectuer et m'explique ce qu'il attend de moi pour chaque épreuve. Il me dit qu'on va faire la nav sur Millau. Ca tombe bien car je lui explique que compte tenu du vent qui est assez fort du côté de la vallée du Rhône il vaut mieux partir vers l'Ouest et ensuite on verra en l'air si l'on peut continuer ou si l'on doit faire demi tour. Je lui montre alors mon log, en lui expliquant ce que je vais faire (altitude choisie, points tournants, etc). J'effectue mon centrage et lui récapitule les NOTAM, les METAR, etc. Au final j'annonce que l'on peut procéder au vol.
Une fois dans l'avion, je met le moteur en marche, j'oublie de déposer l'intention de vol mais pas de panique : j'annonce à al tour mes intentions, le contrôleur super sympa m'indique que c'est OK et qu'il transmet mes intentions à l'approche. Ensuite roulage au point d'arrêt, décollage, montée 4500fts QNH en route vers Millau au QDR 306°. Tout se passe bien, à la radio c'est calme, peu de turbulences. Durant tout le trajet jusqu'à Millau l'examinateur me fout une paix royale et c'est tant mieux.
J'identifie le terrain facilement, je contact l'AFIS, je passe verticale terrain et m'intègre en vent arrière 32. Premier Touch and Go classique sans problème. Je remet les gaz pour un deuxième tour et là c'est le drame... passé 300fts sol l'examinateur me réduit les gaz et annonce "simulation de panne au décollage" : dans la panique j'hésite : y'a plein d'arbres partout, les zones dégagées sont minuscules et y'a un obstacle devant moi => c'est vraiment la misère. Je fais un truc assez naze mais bon on continue, il me dit de remettre les gaz et de me présenter en vent arrière. Une fois travers tour il m'annonce : "simulation de panne de volets". Bon là ça va c'est pas bien méchant il suffit de prendre 10kts de plus par rapport à la vitesse normale en finale. Super kiss touch de fou : je suis hyper trop fier de moi sur le coup, ça compense la panne simulée au décollage foirée.
Ensuite on quitte le circuit pour reprendre la nav vers Avignon. Une fois en pallier à 4000fts je quitte l'AFIS de Millau, me met en veille avec la prochaine fréquence à contacter et là je remarque que mon directionnel indique 30° d'erreur par rapport à mon compas : j'ai vachement dévié par rapport à ma trajectoire prévue : je suis trop au Nord et ça va me faire passer au dessus de collines qui sont plus hautes que l'altitude à laquelle je vol. J'essaie de rattraper le coup en retrouvant ma trajectoire prévue mais ça marche pas et mon examinateur m'annonce qu'on est trop bas. Prise de décision radicale : je monte à 6000fts QNH comme ça je suis tranquille en + j'ai une super visi et aucune turbulence. Après j'ai vraiment pas regretté de m'être emmerdé à faire mon log parce que grâce aux nombreux recoupements VOR que j'avais prévu j'ai pu identifier chaque petit village, et donc j'étais carrément plus en confiance.
Et là c'est le drame : mon examinateur me réduit les gaz et annonce "simulation de panne en campagne". Argh je m'y attendais vraiment pas. Pour être sympa il me montre un genre d'entendue de terre qui était autrefois un terrain mais qui a été fermé et qui peut quand même être utilisé en cas d'urgence. Alors bon j'y vais mais je suis super haut par rapport au terrain qui est dans une vallée. Alors je passe verticale et je fais des 360° et je me présente en vent arrière de façon très aléatoire. Je me retrouve en finale beaucoup trop haut mais trop bas pour essayer autre chose. Alors je passe au dessus du terrain à quelque chose comme 500-1000fts au dessus (pas possible d'identifier la hauteur du terrain avec ma carte au 1/500 000e). L'examinateur me fait savoir que c'est nul et on repart vers Avignon en montée vers 4000fts.
Une fois stable il m'annonce qu'on va se dérouter vers Alès : ça tombe bien je l'avais en vue, c'était même un point tournant que j'avais prévu pour me repérer. J'y vais donc tranquille par contre pas moyen d'en placer une à la radio : c'est la cohue mais bon j'arrive à quitter et passer avec l'AFIS d'Alès. Bon là c'est easy : verticale terrain, vent arrière 01, atterrissage correct. 2e tour de piste cette fois-ci en atterrissage court, c'est à dire qu'il fallait que j'utilise un minimum de piste pour atterrir : c'est satisfaisant.
Ensuite on quitte le circuit et l'examinateur m'annonce qu'on se déroute sur Uzès : génial ! C'est là que j'ai fait la moitié de ma formation MANIA en + le terrain est situé plein Est par rapport à Alès et il est juste à côté. En plus sur la carte VAC d'Uzès j'ai le recoupement VOR par rapport à la station de Montpellier donc je peux pas le louper. A Uzès ont fait 2 Touch and Go classiques sans soucis (par contre ce terrain est carrément merdique j'ai cru que j'allais casser l'avion au moment du toucher des roues).
Mais bon on remonte vers 3000fts et l'examinateur m'annonce qu'on ne poursuit pas la nav vers Avignon mais qu'on rentre à Montpellier : Yes !! Enfin, on vole depuis plus de 2heures et je commençais à avoir la chemise que mouille. En chemin on fait un peu de MANIA : approche du décrochage, virages à grandes inclinaisons, virages engagés, VSV : que des trucs que j'aime bien en général. Avant d'atteindre Montpellier il me propose de me rattraper à la simulation d'atterrissage en campagne : moteur réduit je trouve un champ avec une forme allongée pas trop difficile à avoir. Je réussi à l'avoir même si en finale j'étais carrément trop haut, de peur d'être trop bas, mais c'est pas grave : je descend à la kamikaze, plein volets, flirtant avec la VFE mais j'arrive à me présenter au seuil du champ à une vitesse convenable. L'examinateur paraît satisfait, m'indique de remettre les gaz et m'annonce que je suis libre de rentrer à Montpellier comme bon me semble.
A partir de là c'est du connu : J'affiche le QDM 206° pour rentrer par le point N, contact radio, le contrôleur aérien est super il me donne une vent arrière piste 31 gauche main droite (plus direct, y'a pas), atterrissage correct malgré le vent plein travers, roulage au club, arrêt moteur.
Débriefing dans la salle de briefing. D'après l'examinateur j'ai commis quelques erreurs :
- à Millau je n'ai pas respecté le PAPI, j'étais trop bas même si j"ai atterri après le seuil décalé, mais bon c'est difficile de passer le seuil décalé à 50fts alors qu'on a 500m de piste derrière soi.
- la simulation de panne en campagne était naze : il faut que je panique moins en cas de situation imprévue
Appréciation générale : "Tu fais certaines choses très bien, mais les pannes simulées t'aimes pas ça, mais ça suffit pour un niveau PPL"
En même temps je vois mal qui peut aimer qu'on lui réduise ses gaz au décollage ou en pleine campagne. Mais bon c'est vrai que les situations de pannes on en a pas fait énormément pendant mon instruction.
Verdict : C'est OK !!
Il me remet mon attestation provisoire, me serre la main : "Félicitations"
Au club ça sent le champagne...
Petits conseils à ceux qui passent leur épreuve :
- Usez et abusez du VOR pour ceux qui ont la chance d'en avoir un dans leur appareil. A aucun moment mon examinateur ne m'a empêché de l'utiliser, et d'après mon instructeur le VOR n'est jamais assez utilisé par les candidats et pourtant c'est super utile.
- Préparez bien vos navs à l'avance : ça met super en confiance et ça joue beaucoup. Plein de fois en instruction il m'est arrivé de commettre des petites erreurs (comme afficher la mauvaise fréquence par inattention) qui mettent vachement mal à l'aise et qui conduisent jusqu'à commettre de grosses conneries.
- Bien dormir la veille et bien manger avant le vol : 2h55 de vol ça creuse.
Bonne chance à vous et bons vols.