En lisant les posts j’ai l’impression (c’est juste une impression) que l’on focalise énormément sur le travail et le salaire des pilotes pour faire l’apologie du modèle low cost par rapport à AF.
En fait, le problème est qu’elles font un métier très différent, et ont donc un business model aux antipodes.
AF est actuellement en difficulté non pas à cause Ryanair et de Easyjet. Mais de la forte baisse sur les classes avant sur LC. Car sur près de 250 avions en propriétés hors KLM et filiales, AF a près de 100 modules LC.
Le cœur du business de AF et le LC. Le réseau M et CC est essentiellement là pour alimenter le hub pour le LC.
Et cette crise illustre bien le modèle de développement de AF, avant la crise les low cost étaient déjà présentes. Mais AF engrangeait chaque année en moyenne sur les 3 derniers exercices avant crise 800M€ de RN.
Le problème actuel d’AF a ses origines dans son histoire (ex société publique) : une trop grande technostructure avec plus de 100 000 salariés dans le Groupe. Et cette crise est une chance pour AF. En effet, elle lui permet de dégraisser au maximum dans les bureaux sans contestation syndicale !
Si on étudie de plus près les chiffres de 2009, ils ne sont pas si mauvais : un résultat opérationnel de –200K€ alors que l’aérien traverse une crise terrible, ce n’est pas si mal ! Les fortes pertes sont en réalité générées par de la non-exploitation (donc pas les PN

) donc plus facilement corrigeable : perte de change, couverture de carburant… Pour le cas des couvertures carburant hors la LUF toutes les sociétés sont en mauvaises postures cf. les géants du maritime ex : CMA CGM.
La structure bilantielle de AF est enviable pour beaucoup d’opérateur : car le nerf de la guerre pour toute entreprise c’est sa trésorerie. Et AF bénéficie de 3,7 milliards d’€ de trésorerie ce qui est plus que pendant les exercices de 2005, 06 et 07 !!!. Donc AF est loin très loin du dépôt de bilan !! Quant aux dettes FI elles restent dans la même mesure qu’en 2005, 06 et 07.
Quant à savoir s’il y a des low cost sur le LC ? La réponse est oui avec Emirats :
- très peu de taxe, voir pas de taxe aéroportuaire à Dubaï (même propriétaire indirectement : l’Etat)
- D’énormes commandes d’avions ce qui permet de réduire la facture à l’achat avec une garantie de l’Etat pour favoriser la transaction.
- L’obtention de crédits extrêmement favorables des banques du Golf.
- Pas de cotisation sociale pour les PN
-…
Enfin à savoir si AF va être achetée ou va acheter une low cost, pour déterminer les coûts d’acquisition on utilise 2 méthodes :
- Une basée sur L’EBE que l’on lisse sur 3 exercices et que l’on multiplie en moyenne par 6.
- Une basée sur la valorisation du bilan : actifs corporels et incorporels ici avions, fonds de commerce, slots…
Tout ça pour dire, que ce n’est pas simplement en comparant les conditions des PN, que l’on définie : qui est sein ou pas, qui a de l’avenir ou pas, et qui va racheter qui.